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Vendredi 02 Mai 2008
                                                                                               AFP

    Ce mercredi 30 avril se tenait une conférence de presse très attendue. Jean-Louis Borloo présentait en effet aux représentants des différents collèges (ONG, patronat, syndicats, collectivités territoriales) l'avant-projet de loi issu du Grenelle de l'environnement, après d'ultimes arbitrages interministériels, souligne Gaëlle Dupont, du Monde. Le ministre d'Etat qui assure avoir «sué sang et eau», pour défendre ce texte face aux réticences d'autres ministères, s'est finalement montré satisfait de son travail. Selon lui, «le texte du projet de loi d'orientation reprend fidèlement les conclusions du Grenelle». Nathalie Kosciusko-Morizet s'est également félicitée de l'avant-projet de loi, déclarant qu'il y avait «trois risques à conjurer. Que se rompe la dynamique de confiance dans le Grenelle. Que le processus engagé soit dévoré par l'institutionnel. Que les espérances se fracassent sur les réalités financières». Mais, ajoute-t-elle, «cette loi reprend et prolonge les engagements, et elle est réaliste sur le plan financier». Sur ce dernier point, souligne Le Monde, Jean-Louis Borloo a anticipé d'éventuelles critiques: «La mécanique générale, c'est que les investissements seront financés par les économies qu'ils permettront de réaliser», a-t-il déclaré. Selon Bernard Le Solleu, dans Ouest France, ce sera à l'Etat de montrer l'exemple en terme d'économies d'énergie dans les batiments publics, tandis que le privé, les collectivités territoriales et l'UE devront investir de leur côté.

    Quant au contenu de ce texte d'orientation, appelé "Grenelle I", il se décline en 47 articles. Au programme: la réduction "d'au moins 38%" d'ici 2020 des consommations énergétiques dans les bâtiments, le développement des transports urbains, avec la multiplication par six des transports urbains en Ile de France, l'arrêt des ventes de 30 produits phytosanitaires "préoccupants" d'ici la fin de l'année, l'utilisation de 6% de la surface agricole pour l'agriculture biologique en 2013, et le doublement dès 2009 du crédit d'impôt en faveur de l'agriculture bio. Mais, note Gaëlle Dupont, la formulation apparaît en retrait par rapport aux prescriptions du Grenelle: L'Etat "proposera", "invitera", "étudiera les modalités"… Le ministre a répondu que «cette rédaction est conforme à la Constitution, qui veut qu'une loi d'orientation ne soit pas normative». Mais la loi va parfois plus loin que le Grenelle, note la journaliste dans Le Monde. Le texte détaille ainsi la liste des 2000 km de lignes TGV supplémentaires prévues d'ici 2020, chargées de relier les capitales régionales. En revanche, on ne parle plus de l'arrêt de la construction d'infrastructures routières, mais d'une "augmentation réalisée avec discernement". Aussi, la suppression des ampoules à incandescence a disparu.

    Malgré ces points, les différents collèges ont plutôt bien réagi. Arnaud Gossement, de France Nature Environnement, note que «le projet est globalement fidèle au Grenelle. Il y a de la perte en ligne sur certains sujets, mais tous les collèges en voient, l'équilibre doit donc être plutôt bon. Ce n'est pas une révolution écologique, mais un compromis qui fait franchir un cap et interdira tout retour en arrière». Pascale Ferey, qui représentait la FNSEA, a approuvé la «recherche d'efficacité» du gouvernement, notamment sur l'agriculture biologique, l'objectif des 6% ayant été repoussé de trois ans. Plus de prudence de la part de Yannick Jadot, de l'Alliance pour la planète: «Nous entrons dans un processus de validation politique, ce qui est positif. Mais nous avons des inquiétudes sur certains glissements que nous devons examiner de plus près». La CGT, par la voix de Bernard Saincy, affirme avoir été «pris de court». 

    Le texte est désormais soumis aux avis du Conseil Economique et Social, ainsi que des différents collèges, puis à celui du Conseil d'Etat. Il sera ensuite présenté au conseil des ministres, début juin, selon Le Point. Le projet de loi sera enfin examiné par le Parlement avant la fin de la session, «avant l'été», selon Jean-Louis Borloo. Cyriel Martin, du Point, parle de la mi-juillet, sous réserve de lui trouver une place dans le calendrier parlementaire. Les rapporteurs des deux Assemblées seront le sénateur Bruno Sido et le député Christian Jacob, qui s'est affronté à Nathalie Kosciusko-Morizet, rappelle Gaëlle Dupont. «Le parti est tenu dans les délais», conclue Jean-Louis Borloo. Les modalités techniques d'applications seront contenues dans deux autres textes. Le Grenelle II, qui visera à mettre en forme les dispositions dans le bâtiment et les transports, sera présenté avant l'été également, tandis que le Grenelle III, consacré aux pratiques agricoles, sera discuté au Parlement à l'automne, selon Le Nouvel Observateur.

    Le Grenelle de l'environnement reste le bon choix stratégique, conclut Bernard Le Solleu, de Ouest France. Il ne reste plus qu'à le mettre en oeuvre concrètement. Le plus dur reste donc à venir.

Sources: Le Monde, Le Nouvel Observateur, Le Point, Ouest France

publié par Hemlec publié dans : Politique
Vendredi 25 Avril 2008

L'usine Tereos d'Origny-Sainte-Benoîte.     (AFP/ALAIN JULIEN)

  Ces derniers jours, note Le Monde, organisations internationales (FMI, Banque mondiale, Programme alimentaire mondial...) et responsables politiques montent au créneau contre les biocarburants. Premier argument avancé: la vogue pour le carburant agricole aurait fait flamber les prix alimentaires à travers le monde. Ainsi, note Ophélie Neiman sur Rue 89, un temps présentés comme les sauveurs de la planète, les biocarburants sont désormais désignés comme les affameurs des pays pauvres.  Alarmé par les émeutes de la faim qui se sont multipliés dans le monde, Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, a déclaré que cette mode lui posait un "problème moral". Ophélie Neiman a relevé d'autres problèmes. Ainsi, en 2002, une étude américaine est parvenue à prouver que le diester (ou biodiesel) rejette autant de gaz à effet de serre que le gazole. Une autre étude a également prouvé que le bioéthanol E85 est aussi cancérigène que l'essence. Ajouter à cela le problème d'espace. Ainsi, l'ingénieur Jean-Marc Jancovici atteste sur son blog que pour produire suffisamment de bioéthanol pour remplacer le pétrole dans les transports en France, il faudrait une surface de culture de betterave équivalente à 120% la superficie du territoire. Un problème d'espace qui pose aussi la question des risques de déforestation, notamment au Brésil.

    En France, une vingtaine d'années après le Brésil ou les Etats-Unis, la France s'est lancée dans les biocarburants en 2006, sous l'impulsion du ministre des Finances, Thierry Breton. Le pays s'est fixé l'objectif d'incorporer 7% d'agrocarburants dans les réservoirs d'ici 2010. Mais, souligne Rue 89, les biocarburants restent peu connus et peu répandus en France. Ce qui peut également expliquer l'annonce du groupement d'indépendants, Système U, de suspendre le développement de leur dispositif de distribution de bioéthanol (1000 litres par mois dans 22 pompes) lancé en 2006. Informations du Figaro. Officiellement, on déclare que «cet agrocarburant n'est pas une alternative crédible pour l'avenir». Les producteurs de biocarburants répondent: «sans les biocarburants, la France ne sera pas en mesure de respecter ses engagements en termes d'énergies renouvelables» de 20 % en 2020. Mais, politiquement, où en est-on? Jean Syrota, auteur du rapport "Perspectives énergétiques de la France à l'horizon 2020-2050" - remis à François Fillon en septembre 2007 - suggère au Premier Ministre d'arrêter les "investissements nouveaux dans la production de biocarburants de première génération". Jean-Claude Bévillard, de France Nature Environnement, le rejoint: «Tous ces investissements réalisés sont encombrants pour le gouvernement». L'ONG demande une diminution des objectifs français et européens de fixer à 10% les surfaces agricoles consacrées aux biocarburants. 

    Quant au gouvernement, d'après Le Monde, sa position sur le sujet  n'est pas encore clarifiée. Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, souligne que «la question n'est pas celle des biocarburants» mais de «la place qu'ils occupent», soit 7 à 10% en 2010 en France contre 20 à 30% au Brésil et aux Etats-Unis. Selon Barnier, la priorité reste l'alimentation. Jean-Louis Borloo, en marge du Forum international de l'énergie de Rome, Jean-Louis Borloo a évoqué «une pause sur de nouvelles capacités», tout en affirmant que les investissement planifiés seront «honorés». D'où la colère d'Anne Souyris, porte-parole des Verts: «Dans les faits, le gouvernement n'abandonne pas ses objectifs! (...) Où est la pause?». Ophélie Neiman pose la question essentielle: «(Les biocarburants) doivent-ils être définitivement abandonnés ou, au contraire, améliorés?». Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, plaide pour la seconde solution. Jean-Louis Borloo le rejoint: «Cap sur la deuxième génération de biocarburants!». Tandis que la première génération concernait l'utilisation de maïs et de colza comme carburants, la deuxième s'appuie sur des produits non-alimentaires et des déchets de culture, précise Rue 89, comme la paille, les tiges, les copeaux ou les feuilles. Et dans ce domaine, la France accuse un lourd retard sur ses voisins. Ainsi, Angela Merkel vient d'inaugurer la première usine de deuxième génération, où l'on produira du biocarburant à partir de résidus de bois. De plus, comme l'affirme Philippe Tillous-Borde, représentant de la filière biodiesel, «Tout cela coûte cher». Ainsi, Rue 89
affirme que pour produire un litre d'éthanol, il faut 43 kilos de bois. La méfiance est de mise du côté de la Confédération Paysanne. «Aujourd'hui, le monde comprend enfin que les biocarburants de première génération sont une arnaque technique, environnementale et humanitaire. Désormais, c'est la deuxième génération qui est censée être formidable. Mais elle n'existe qu'à l'état de micro-projets. Ces biocarburants ne seront jamais à l'état de production industrielle. La troisième génération semble être la plus raisonnable» affirme ainsi Jacques Pasquier. Une troisième génération? Ce serait des carburants à base d'algues, des algues que l'on sait très riches en graisse, et très abondantes. Encore à l'état expérimental, souligne Ophélie Neiman. Ce serait aussi des carburants produits à partir de phytoplancton. Quant à l'utilisation de déchets ménagers, elle est déjà appliquée à Lille.

    Et Le Figaro de conclure: "A l'heure où le baril de ­pétrole n'en finit pas d'établir de nouveaux records, les biocarburants continuent bien sûr d'avoir des défenseurs, mais leur avenir en France ne semble guère porteur."

Sources: Le Figaro, Le Monde, Rue 89

publié par Hemlec publié dans : Energie et Ressources
Lundi 14 Avril 2008
Emeute de la faim en Haïti. (Cubillos/AP)

    Des "émeutes de la faim" au XXIe siècle, écrit La dépêche du midi, scandaleux paradoxe, dans un monde qui regorge de richesses. Les révoltes liées à l'explosion des prix alimentaires éclatent dans les zones les plus pauvres du globe. L'Humanité rapporte que pour la seule année 2007, la FAO (l'organisme de l'ONU chargée de l'alimentation et de l'agriculture) chiffre à 80% la hausse des produits laitiers et à 42% celle des céréales. La Banque Mondiale estime cette augmentation sur trois ans à 181% pour le prix du blé et à 83% pour les produits alimentaires. La Voix du Nord indique que le riz - produit de base en Afrique - aurait vu son prix s'élever de 40 à 300% sur le continent, et que cette flambée concerne aussi les produits importés: huile de palme et d'arachide, sucre... Surtout, comme le rappelle Tamara Kummer du PAM (Programme alimentaire mondial) dans L'express, les villes ne sont désormais plus épargnées. La liste des pays concernés depuis six semaines par ces débordements est longue: Burkina Faso, Egypte, Cameroun, Côte d'Ivoire, Mauritanie, Ethiopie, Madagascar, Sierra Leone, Sénégal, Indonésie, Philippines, Bangladesh, Afghanistan, Argentine, Haïti. Et
encore incomplète. Premier exemple: l'Afghanistan. Hamid Karzaï, le président afghan, a alerté la communauté internationale sur la situation de son pays en janvier, indiquant qu'un ménage afghan moyen dépense en moyenne 45% de son revenu pour la nourriture, contre 11% en 2006. Pour les citadins, c'est même 75% du revenu qui est voué à l'alimentation. Plus de 2,5 millions de personnes souffriraient de famine. Kummer explique que si la guerre, les mauvaises récoltes et la multiplication de camps de réfugiés peuvent expliquer cette situation, c'est avant tout le contexte économique régional qui en est la principale cause. Le dossier le plus sensible reste Haïti. En une semaine, le sac de 50 kg de riz a vu son prix passer de 35 à 70 dollars, dans un pays de 8,5 millions d'habitants où 80% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Résultat: des milliers de personnes sont descendus dans la rue, souvent violemment, écrit La Dépêche du Midi, dans la capitale et en province. L'Humanité rèvèle qu'à Porte-au-Prince, les pillages se sont multipliés, des jeunes ont pris possession de plusieurs rues de la capitale et ont formé des barricades. La station radio Vision 2000 a été la cible de jets de pierre, les animateurs obligés d'appeler la police à l'aide par les ondes. Un policier nigérian de l'ONU a même été tué par balles. Et le tout malgré l'annonce du président haïtien René Préval, qui a appelé les «fonctionnaires de l'administration qui gagnent un salaire mensuel de plus de 30.000 gourdes (environ 500 euros) à donner 10% pour aider les plus pauvres». Le président, qui a démis de ses fonctions le Premier Ministre, a également annoncé la baisse du prix du riz.

    La presse s'est interrogée sur les raisons de cette poussée des prix. Libération a listé cinq facteurs principaux. Le premier: "la mode des carburants". Le baril du pétrole à son plus haut niveau précipite la ruée vers l'or vert, écrit le quotidien. L'UE ou les Etats-Unis se sont déjà fixés des objectifs de consommation de biocarburants d'ici 10 à 15 ans. Christian Losson ajoute que même des pays en déficit alimentaire (Indonésie, Sénégal) suivent la tendance, sacrifiant des terres cultivables. Le FMI estime
«qu'entre 20 et 50% de la production mondiale de maïs ou de colza ont ainsi été détournés de leur usage initial». Conséquence: le cours du maïs, utilisé pour l'éthanol, a doublé en deux ans. Mais Sébastien Maillard note dans La Croix que l'essor des biocarburants n'est pas le «premier déterminant». Nicolas Bricas, chercheur au Cirad (Centre en coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), va même jusqu'à refuser ce constat. Selon lui, ce sont les «spéculateurs qui anticipent dès maintenant une montée future de l'engouement pour les carburants verts». Le pétrole cher a une autre conséquence, note Libération: l'explosion du coût des transports des denrées alimentaires, qui a des conséquences aussi bien sur les productions destinées à l'exportation que sur les marchés locaux, souligne Nicolas Bricas, toujours dans L'Express. Deuxième grand facteur, selon Libé: ce que le sénateur démocrate américain Byron Dorgan appelle «l'orgie de spéculation». Un «autre effet pervers de la crise des subprimes», écrit Christian Losson: les fonds d'investissement se tournent désormais sur les matières alimentaires: soja, blé, maïs, de «véritables valeurs refuges», selon Nicolas Bricas. La ministre française de l'économie, Christine Lagarde, semble être en adéquation avec cette observation. Selon elle, c'est en effet la crise financière, qui encourage les investisseurs à investir sur les marchés de matières premières, qui entraîne la flambée des prix de l'alimentation. Le troisième principal facteur relèverait du bouleversement climatique. Le PAM recense ainsi les «sécheresses en Australie et au Kazakhstan, inondations en Asie, ouragans en Amérique latine et un hiver record en Chine». Achim Steiner, responsable du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) note que «dans les grands pays, on atteint des limites en termes de disponibilité de terres arables et d'eau, et de réduction de la fertilité des sols». Christian Losson présente un quatrième facteur: "l'évolution des modes de vie". La croissance économique exponentielle des deux pays les plus peuplés au Monde, l'Inde et la Chine, dopent la consommation de viande. En 20 ans, celle-ci serait passé de 20 à 50 kg par habitant et par an en Chine, souligne La Voix du Nord. L'écologiste Lester Brown estime ainsi que «si les Chinois mangeaient autant de viande que les Américains, ils absorberaient 50 % des céréales mondiales». Or, Libération explique que "nourrir 60 milliards d'animaux à viande chaque année revient à produire autant de céréales que pour 4 milliards d'habitants". Mais, se demande La Voix du Nord, comment raisonner ces pays émergents alors qu'ils ne sont que copier le monde occidental? Ultime cause, d'après Libération: "les effets de la libéralisation". Jacques-Edouard Alexis, le premier ministre haïtien démis récemment de ses fonctions, signalait : «On nous impose, nous, poids plume, de boxer contre les poids lourds sur le ring commercial». Et les marchés locaux de se faire submerger par des produits subventionnée exportés par les pays riches. Sébastien Fourmy, d'Oxfam, accuse «les politiques de libéralisation à marche forcée, prônées pendant des décennies par le FMI et la Banque mondiale, (qui) ont contribué à rendre les pays pauvres encore plus vulnérables». Autre effet de la libéralisation: la baisse des aides au développement des pays riches: -8,4% en 2007, -15% pour la France, souligne Libération. Soit une baisse de moitié par rapport à 1984, estime Action Aid. Surtout que, comme l'atteste Christian Berthiaume, porte-parole du PAM, «»l'augmentation de 55 % du coût des produits alimentaires depuis juin 2007 a un impact énorme sur (leurs) opérations». Nicolas Ménage, chef du service des achats alimentaires du PAM, ajoute qu'il est en outre «devenu très difficile de trouver la nourriture», car «beaucoup de pays ont mis en place des mesures limitant leurs exportations d'aliments, en Asie, en Afrique et en Amérique latine».

    Si cette crise alimentaire prend autant de place dans les médias, alors que le phénomène est ancien, c'est que les grandes institutions internationales sonnent le signal d'alarme. Le FMI, par la voix de son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, indique ainsi que «la hausse des prix alimentaires pourrait avoir de terribles conséquences pour la planète entière si rien n'est fait pour l'endiguer». «Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim. Ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économique. Les progrès réalisés par les pays pauvres, depuis cinq à dix ans en matière de développement, pourraient se retrouver complètement détruits». D'après Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, ce sont cent millions d'individus qui sont concernés directement par le phénomène. Selon lui, 33 Etats sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux. La mobilisation internationale reste toutefois confuse, pour le moment. Ainsi, Jacques Diouf, directeur du FAO, est critique envers son organisation mère, l'ONU: «Avec une vraie urgence alimentaire dans 37 pays, je suis surpris de ne pas être convoqué d'urgence au Conseil de sécurité à New York, tant la hausse du prix des céréales a un impact sur la sécurité des peuples et sur les droits de l'homme, notamment des plus pauvres». En Europe, aucun accord n'a encore été trouvé, mais le commissaire européen au développement, Louis Michel est alarmiste: «Un choc alimentaire mondial se profile, moins visible que le choc pétrolier, mais avec l'effet potentiel d'un vrai tsunami économique et humanitaire en Afrique»

    Les institutions internationales tentent de réagir dans l'urgence. Mais, comme le souligne L'Humanité, le Programme Alimentaire Mondial risque une "crise de trésorerie". Le quotidien rappelle que l'agence a du revoir à la hausse son budget prévu cette année pour nourrir 73 millions de personnes dans 78 pays, de 2,9 milliards de dollars à 3,4 (soit 2,15 millions d'euros). Soit 500 millions de dollars à trouver dans l'urgence, avant le 1er mai, rappelle Bob Zoellick. Déjà plus de la moitié de cette somme a déjà été reçue. "Ce n'est pas assez" a-t-il déploré. Le Point affirme que la Banque mondiale va doubler ses prêts agricoles en Afrique, en les portant à 800 millions de dollars. Le FAO a débloqué 17 millions de dollars pour les pays les plus touchés par la crise alimentaire. Elle sollicite l'aide des 191 pays membres pour rassembler 1,7 milliard de dollars nécessaires aux programmes d'urgence. Soit l'équivalent de quatre A-380, souligne La Dépêche du Midi.
«Pas insurmontable donc si la volonté politique est au rendez-vous» selon le quotidien régional. La Banque Mondiale voit aussi à long terme. «Il s'agit aussi de s'assurer que les générations futures n'en paient pas elles aussi le prix», a déclaré Bob Zoellick. Le comité de développement de l'institution a approuvé le principe d'un "new deal pour une politique alimentaire globale", écrit le Nouvel Observateur. L'objectif: accroître la productivité agricole dans les pays pauvres (distribution d'engrais et de semences), et améliorer l'accès à la nourriture dans les écoles et sur les lieux de travail. Et éviter ainsi que les gouvernements des pays pauvres soient poussés par les populations à adopter des mesures d'urgence (suspension des droits de douane, réduction de la TVA) qui pèsent sur leur budget. Deux rendez-vous sont prévus dans ce cadre, en juin: la conférence de Rome, qui rassemblera chefs d'Etat de gouvernement, et le G8 finances qui se déroulera au Japon. Quant à l'idée du recours aux biocarburants, elle est de plus en plus marginalisée. L'Humanité révèle qu'au récent sommet Inde-Afrique de New Delhi, les dirigeants des pays représentés ont appelé les occidentaux à remettre en cause l'utilisation des carburants agricoles. Gordon Brown a d'ailleurs récemment demandé d'inscrire ce thème au prochain G8. Michel Barnier, ministre français de l'agriculture, compte sur la même ligne, discuter d'une réorientation des productions agricoles européennes en priorité sur l'alimentation.

  Malgré ces annonces, Jacques Diouf reste pessimiste: «Je ne vois pas de raisons objectives à des diminutions de prix. Le niveau des stocks des céréales est à son niveau le plus bas depuis 25 ans et il devrait encore baisser de 5 % cette année
». Même son de cloche pour le FIDA (Fonds international pour le développement agricole), qui envisage aussi une poursuite de cette hausse mondiale des prix. Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, estime qu'on va «vers une très longue période d'émeutes». Moins pessimistes, la FAO, qui compte sur de meilleures moissons pour enrayer la flambée des prix, avoue tout de même que les prix devraient longtemps rester élevés. Ce que craint avant tout les organismes internationaux, c'est la contagion. Ces émeutes «pourraient s'étendre bientôt à l'Asie», selon Jacques Diouf. Courrier International nous relaye ainsi un article de la Nezavissimaïa Gazeta. Selon le journal moscovite, l'inflation des produits alimentaires peut provoquer des tensions sociales en Asie Centrale. Au Kazakhstan, cette inflation atteint 15 à 16%. «La fédération des syndicats du Kazakhstan a décidé de mener une action de protestation centralisée pour exiger l'indexation des salaires». Le gouvernement compte interdire ou limiter les exportations de blé et de farine en instaurant des taxes. Au Kirghizistan, où l'inflation est plus forte, le pouvoir accuse l'opposition d'avoir fait descendre les gens dans la rue au lieu de labourer et de semer, en avril et en octobre. La NG ajoute que même les pays exportateurs d'hydrocarbures, comme l'Ouzbékistan et le Turkménistan connaissent une situation d'inflation. Le "journal indépendant" écrit que «la crise alimentaire actuelle est dangereuse car elle accroît le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, ce qui promet des explosions sociales». Mais l'Europe n'est pas en reste. Ainsi, Tamara Kummer rappelle que «la flambée des prix concerne autant un Européen qu'un Africain». Les grèves se multiplient, note La Voix du Nord. En Croatie, par exemple, les revenus d'un ouvrier croates équivaut à 26% de la moyenne européenne, tandis que les prix représentent 70% de ceux des 27.

Sources: Courrier International, L'Express, L'Humanité, La Croix, La Dépêche du Midi, La Voix du Nord, Le Nouvel Observateur, Le Point, Le Progrès, Libération
publié par Hemlec publié dans : Energie et Ressources
Vendredi 11 Avril 2008
Nathalie Kosciusko Morizet sur les bancs de l'Assemblée
(photo parue sur Rue89)

Débattu depuis le 1er avril, comme le rappelle la Tribune, le projet de loi sur les OGM a finalement été adopté par l'Assemblée Nationale. Un vote d'extrême justesse, note l'Humanité: 228 voix contre, 249 pour. Surtout, une centaine de députés de droite se sont abstenus ou ont refusé de voter, soit autant de "votes contre", d'après le député UMP François Grosdidier. L'Huma ajoute que le vote a pourtant porté sur une version profondément remaniée par plusieurs amendements. Par exemple, celui de l'UMP Antoine Herth, qui stipule que "les conditions techniques relatives aux distances sont fixées par nature de culture". Des conditions techniques qui "définissent les périmètres au sein desquels ne sont pas pratiquées de cultures OGM", précise La Tribune. Des conditions qui "doivent permettre que la présence accidentelle d'OGM dans d'autres productions soit inférieure" au seuil européen de 0,9%. L'article 3, qui porte sur la "mise en oeuvre de la coexistence entre les cultures OGM, conventionnelles et biologiques", a également été adopté. L'amendement  qui visait à différencier le "seuil d'étiquetage" de 0,9% et le seuil de "détection" ou de "traçabilité" à 0%, défendu par l'opposition, a quant à lui  été rejeté par les députés. En revanche, l'amendement proposé par le député communiste André Chassaigne, dont le but est d'exclure les OGM de zones où sont implantées des filières agricoles de qualité (AOC, Label Rouge...) a été soutenu par plusieurs parlementaires de la majorité, ce qui a conduit à son adoption, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, s'en étant remise à la
«sagesse des députés». Plus tard, elle dira que «c'est à l'honneur de cette majorité d'avoir saisi le taureau par les cornes», déclarant que l'amendement Chassaigne n'était pas différent de celui déposé, puis retiré en séance, par le député UMP Louis Giscard d'Estaing. Colère parmi les députés pro-OGM. La Tribune affirme que Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, ne cache pas la volonté du gouvernement de revenir sur cet amendement lors de son prochain passage au Sénat. Jean-Louis Borloo a, quant à lui, défendu le contraire dans l'hémicycle. Copé ne décolère pas: «quand un amendement vient de la gauche et que le gouvernement s'en remet 'à la sagesse' de l'Assemblée, ça veut dire tout simplement qu'il l'approuve» a-t-il affirmé, visant Koscisuko-Morizet, qualifiée "d'origine des problèmes" selon l'Humanité. Le quotidien communiste soutient que François Fillon aurait déclaré en privé que «l'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté».

Mais la polémique ne s'arrête pas là. Dans Le Monde, Kosciusko-Morizet lâche:
«Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaye de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le service minimum.» Sur BFM TV et RFM, Copé s'indigne: «Au delà de l'injure qu'on s'est prise dans la figure, (...) quand on fait ce genre de sortie, d'une manière ou d'une autre, on peut être tenté de s'attribuer le beau rôle. Voilà, c'est ça qui m'a énervé et attristé». Contrainte par Matignon, qui menaçait d'en "tirer toutes les conséquences", soit de la démettre de ses fonctions, elle se ravise et présente ses excuses, arguant que «les propos qu'on (lui) prête aujourd'hui dans le journal Le Monde ont été déformés.» Soit la "rengaine habituelle en cas de rébellion ministérielle", écrit Julien Martin sur Rue 89. "NKM" sera tout de même sanctionnée: la secrétaire d'Etat n'était présente ni aux questions au gouvernement de mercredi ni à la visite de François Fillon au Japon de ce week-end. Une polémique qui a poussé Michel Urvoy, dans Ouest-France, a griffé un portrait de Nathalie Kosciusko-Morizet, une secrétaire d'Etat au "parcours brillantissime": conseillère de Chirac puis de Raffarin, elle a participé aux plus grandes négociations:  l'effet de serre à Kyoto, la biodiversité à Nairobi, les OGM à Montréal. Une secrétaire d'Etat qui a "surclassé" son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo pour sa gestion du Grenelle de l'Environnement, écrit Michel Urvoy. Borloo qui en "nourrira quelque jalousie". «Nathalie a craqué» aurait ainsi lancé Jean-Louis Borloo. "Un brin misogyne", tempête le journaliste, qui affirme que "la réussite de Kosciusko agace". Malgré tout, "parce qu'elle porte et défend mordicus de franches convictions", la secrétaire-d'Etat serait le membre du gouvernement le plus "respecté par la gauche". D'ailleurs, selon Michel Urvoy, "son principal défaut serait d'être plus légitime à l'extérieur qu'à l'intérieur de la droite". Isolée, Nathalie Kosciusko-Morizet? Non, affirme Julien Martin, sur Rue 89. François Grosdidier, député UMP, prend ainsi sa défense, jugeant qu'elle «a été très maltraitée pendant ces débats et ce sont certains de [ses] collègues qui auraient pu présenter leurs excuses». Des collègues qui lui ont réservé un traitement «injuste» car ils «ont dénaturé le projet du gouvernement» sur les OGM et ont obligé Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet «à faire semblant de (leur) faire croire que c'était le même». Grosdidier n'est pas le seul, souligne Martin, qui rappelle que 10 députés UMP ont voté contre et 31 se sont abstenus, sur ce projet de loi, finalement adopté avec la majorité la plus courte depuis 2002. Grosdidier parle d'une «crise de conscience», montrant du doigt le Premier ministre, qui aurait demandé aux députés de la majorité de «voter non pas pour le texte mais pour le contexte». L'opposition a aussi son mot sur cette polémique: Libération relaye la réaction caustique des Verts: «Prenez d'abord une attitude machiste malheureusement très répandue : désignez une jeune femme convaincue de votre gouvernement pour appât. Harcelez-la discrètement pour qu'elle s'emporte publiquement au nom de ses idées». Puis «glissez le tout dans un journal de l'après-midi quitte à accuser ensuite les journalistes d'avoir menti. Laissez mijoter le tout. Ajoutez une pincée d'outrage gouvernemental... votre soupe de contre-feu médiatique (est) prête à servir!». Le parti écologiste conclut plus sérieusement: «Contre les engagements pris lors du Grenelle, contre l'avis de 70% des Français, le gouvernement a réussi nous faire ingurgiter les OGM sans qu'on parle beaucoup du fond de la loi elle-même!». Il reste le Sénat, affirme Julien Martin. Le web-journaliste prétend que "la vague de contestation née à l'Assemblée pourrait maintenant atteindre le Sénat, en passe de devenir LE lieu de la contestation.". Il rappelle ainsi que c'est la chambre haute qui a "vidé de sa substance l'amendement ADN dans le cadre du projet de lui sur l'immigration." Jean-François Le Grand (UMP) est déjà monté au créneau. Rue 89 a publié l'extrait d'une lettre que l'ancien président de l'intergroupe OGM au Grenelle, et ancien président de la Haute autorité provisoire sur les OGM, a adressée au président de groupe Henri de Raincourt: «Ma conviction politique repose sur les valeur gaullistes: le seul combat qui vaille est le comba pour l'homme et, dans cet esprit, pour moi, c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse, d'où mon regard extrêmement critique à l'égard du libéralisme, 'solution à tous nos problèmes'.» «Une autre valeur gaulliste est ce refus passionné de ne jamais céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d'un monde selon Monsanto?!»

Dans Les Echos, Julie Chauveau et Pierre-Alain Furbury se pose la question de l'avenir de la transformation législative du Grenelle de l'Environnement, suite à ce débat houleux sur les OGM. Un dossier désormais sur le bureau de Nicolas Sarkozy et de François Fillon.
«Mon texte reprend les engagements du Grenelle de l'environnement. Je suis le garant d'un projet fondateur issu d'un processus de discussion tout à fait novateur qui doit maintenant passer le cap de la démocratie parlementaire », prétend Jean-Louis Borloo. Pourtant, ce plan devra faire face à deux obstacles. Le premier: le scepticisme et la défiance des parlementaires. François Goulard affirme qu'il faudra «renoncer à certaines mesures». « Il y a des orientations qui méritent d'être réexaminées et un certain nombre de dispositions dont je ne vois pas comment elles peuvent être financées » prévient le sénateur Gérard Longuet. Frédéric Lefèvre tempère : «Le Grenelle n'est ni mort ni affaibli. Nous ne lâcherons pas. Mais notre devoir, c'est d'être pragmatique et d'engager les réformes structurelles en s'appuyant sur une réalité économique. Par définition, vous ne pouvez pas dépenser l'argent que vous n'avez pas». Dans un contexte d'économies budgétaires, comme l'écrit La Tribune, "le projet de loi risque donc de donner lier à de sérieux marchandages politiques". Borloo se veut rassurant, rappelant qu'il est parvenu à trouver l'argent nécessaire pour la loi de rénovation urbaine, contre le pessimisme ambiant. Il ajoute que d'autres mesures, comme le bonus-malus ne coûtent rien, et que «d'autres participent de l'investissement et de la mobilisation des partenaires, entreprises, acteurs publics». Mais voilà, les projections de coût du plan Borloo ont été publiées par Les Echos. Elles "donnent le vertige" selon la Tribune. 69 milliards d'euros pour la construction de lignes ferroviaires à grandes vitesses d'ici 2020 (dont 37 milliards financés par l'Etat), 24 milliards pour la rénovation thermiques des bâtiments de l'Etat... Et Patrice Moyon de s'interroger: Faut-il enterrer le Grenelle de l'environnement ? Dans Ouest France, il écrit que Nicolas Sarkozy lui-même semble douter. Ainsi, il y a quelques jours, lors du Congrès de la FNSEA à Nantes, le Président a ainsi pris soin d'éviter de parler des engagements du Grenelle... Ce sera à lui de prendre les derniers arbitrages avant de présenter le projet de loi au Parlement.

Sources: l'Humanité, la Tribune, le Monde, le Nouvel Observateur, les Echos, Libération, Ouest France, Rue 89
publié par Hemlec publié dans : Eco-logie et Eco-nomie
Mercredi 09 Avril 2008
La centrale nucléaire de Byron (Illinois)  (AFP)

Cela faisait trente ans que les Etats-Unis n'avaient plus transformé un projet de construction de centrales nucléaires en "commande ferme", écrit La Tribune. Le Figaro précise que la dernière commande de réacteurs remonte à 1977 et le projet de Seebrook (New Hampshire, NDLR), concrétisé en 1990. Le même journal précise que le programme de construction de centrales avait été abandonné après l'accident de Three Mile Island, considéré comme unes des plus grandes catastrophes du nucléaire civil. Depuis, seules de grosses pièces forgées indispensables avait été commandées, mais pas de réacteur complet. Les Echos nous informe que depuis l'accident de 1979, l'accroissement de la demande d'électricité, de 2% par an, a été compensé par l'activité des centrales au gaz. Aujourd'hui, la moitié de l'énergie utilisée aux Etats-Unis provient du charbon, tandis que le nucléaire ne représente que 20%. Mais le quotidien d'information économique précise que les centrales au charbon, polluantes et émettant beaucoup de gaz carbonique, sont peu à peu rejetées par le pays, qui "se découvre depuis peu une fibre environnementaliste".

C'est donc Westinghouse Electric, filiale du groupe japonais Toshiba, qui a décroché le contrat. La Tribune nous rappelle que Westinghouse Electric est le groupe pionnier du nucléaire civil américain: c'était en 1957 que le groupe a livré le premier réacteur. Ce sont deux réacteurs de 1.100 mégawatts de type AP1000 qui devraient être construits sur le site de Vogtle, près d'Augusta (Géorgie). Sur ce site, déjà deux réacteurs opérés par un consortium mené par l'électricien Georgie Power fonctionnent. Le PDG de Westinghouse, Steve Tricht, a exprimé son entière satisfaction, précisant que:
«l'énergie nucléaire est maintenant reconnue comme une source d'énergie propre, sûre et économiquement concurrentielle qui contribue à assurer l'indépendance énergétique des Etats-Unis». Le projet doit tout de même passer une série d'étapes administratives, dont l'étude du contrat le 1er mai par la commission des services publics de l'Etat de Georgie, qui devra certifier les deux réacteurs. Actionnaire à 20% de Westinghouse, le groupe Shaw projette l'entrée en service de la première tranche pour 2016, et de la seconde tranche pour l'année suivante.

Le Figaro affirme que la signature de ce contrat est un "atout psychologique important" dans la course que se livrent Westinghouse et le groupe français Areva, pour la conquête du marché américain. Une trentaine de projets sont actuellement programmés, ajoute le quotidien national. Les Echos ajoute que Westinghouse a par ailleurs signé en juillet 2007 avec son partenaire et actionnaire Shaw, un contrat pour construire quatre réacteurs AP1000 en Chine.

Source: La Tribune, Le Figaro, Les Echos
publié par Hemlec publié dans : Energie et Ressources
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