Cyril Hiely/MAXPPPLa Socrati, filiale du groupe Areva, et spécialisée dans l'assainissement et la récupération de déchets nucléaires, a encore défrayé la chronique cette semaine. Son usine de Tricastin a dépassé sa limite annuelle de rejet de carbone 14 de 5%. En effet, le mercredi 6 août, nous raconte Le Dauphiné Libéré, vers seize heures, les préfectures de la Drôme et du Vaucluse ont averti les communes proches du site nucléaire qu'une «anomalie à l'ouverture d'un colis de matériels faiblement radioactifs, issus d'hôpitaux et de laboratoires de recherches» s'était produite à la Socrati de Bollène. Olivier Gupta, directeur adjoint de l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), interrogé par Le Figaro, indique que la Socrati a d'abord constaté le 4 juillet un «dépassement pour le mois de juin, de sa limite de rejet mensuelle de carbone 14».
Un évènement qui se serait déroulé après une opération de traitement de déchets médicaux radioactifs effectuée pour le compte de l'Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (L'Andra), la Socrati étant alors chargé de les trier et de les reconditionner avant leur traitement final. Olivier Gupta ajoute que «l'usine a alors décidé de stopper les activités de l'atelier», mais devait terminer le reconditionnement des lots en cours, afin de mettre les installations en sécurité. Ce n'est qu'après, poursuit Laure Daussy, du Figaro, que la Socrati s'est rendu compte du dépassement, et en a prévenu l'ASN le 5 août. Laure Assa, du Journal Du Dimanche résume la situation: ces rejets de carbone 14 supérieurs à la limite autorisée se sont produit en juin, mais se sont poursuivis jusque début juillet, et s'est même poursuivi après l'arrêt de l'activité de l'atelier. Cependant, rassure l'ASN, «selon les premières estimations, l'impact de ce rejet sur l'environnement et la population a été jugé très faible de l'ordre de quelques microsieverts, soit moins de quelques millièmes de la dose annuelle autorisée pour le public». L'Autorité a d'ailleurs classé l'incident au niveau 1 de l'échelle Ines, qui va jusqu'à 7. Elle a en outre décidé de suspendre «toute activité générant des rejets de carbone 14». Enfin, l'ASN a demandé à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) «une évaluation de l'impact de cet évènement ainsi que de procéder à des mesures de la radioactivité dans l'environnement». Marc Champion, chef adjoint de la division lyonnaise de l'Autorité concède que «vu l'ampleur et la soudaineté du dégagement gazeux, il est évident que quelque chose d'anormal s'est déroulé». Un doute sur le contrôle de la radioactivité des colis côté Andra et sur la détection et le devenir des rejets côté Socrati s'est installé. «Si tout le monde avait pleinement assumé ses responsabilités, on en serait pas là» estime Marc Champion.
Le Dauphiné Libéré souligne que ce nouvel évènement fait «mauvais genre» pour le site du Tricastin, la Socrati, et sa maison mère, Areva, et risque de «nourrir la polémique». Areva a d'ailleurs immédiatement défendu sa filiale, dont la «responsabilité n'est pas posée», puisque le «contenu réél (d'un des lots de déchets) était vraisemblablement différent de celui déclaré» et «indétectable», ce qui explique que les "opérateurs" n'aient pas pu «prendre les mesures appropriées». Areva, qui indique que «tout a été assaini et que le dégagement est en train de s'arrêter» parle d'un «incident mineur, sans comparaison avec celui du 7 juillet dernier». En effet, dans la nuit du 7 au 8 juillet, 74 kg d'effluents d'uranium avait fui de l'usine, contaminant les rivières à proximité. Dix jours plus tard, Anne Lauvergeon, présidente du directoir du géant nucléaire français, s'était excusée, avait promis une aide financière pour indemniser les victimes de l'incident, et avait déclaré que «l'incident était clos». Le 23 juillet, dans la proche centrale EDF, cent employés avaient été contaminés à faible dose par des radio-éléments. Le 18 juillet A Romans-sur-Isère, une rupture de canalisation dans une usine d'une filiale d'Areva avait causé un «épanchement d'uranium d'une quantité comprise entre 120 et 750 grammes». Enfin, le 21 juillet, à Saint-Alban/Saint-Maurice, quinze employés d'une centrale EDF avaient à leur tour été "très légèrement" contaminés. Même si tous ces évènements n'ont été classés au pire qu'au niveau 1 de l'échelle Ines (on compte 83 incidents de cette importance par an), et n'ont eu que peu d'impacts sur l'environnement, l'usine a tout de même été perquisitionnée à deux reprises sur ordre du parquet de Carpentras, saisi par l'ASN. En outre, la balise de sécurité s'est déclenchée trois fois en trois semaines, souligne Le Dauphiné Libéré. Autant de fausses alertes, précise le quotidien régional.
Mais ces incidents qui se succèdent n'ont pas de quoi rassurer les communes environnantes. Le Dauphiné Libéré écrit que celles-ci tentent d'évaluer les préjudices et envisagent d'importants travaux, comme le raccordement des habitations isolées au réseau d'eau potable. André-Yves Beck, adjoint aux finances de la Ville de Bollène, avoue que «cet incident rend encore plus justifiée (leur) demande de nomination d'un expert indépendant». Un incident qui va également apporter «de l'eau au moulin» de ceux qui s'inquiètent des "dangers potentiels du nucléaire". Ainsi, le réseau Sortir du Nucléaire (800 associations revendiquées) est monté au créneau, dénonçant d'abord la «rétention d'information» de la part d'Areva, «qui connaissait le problème depuis juillet et a attendu un mois avant d'avertir l'autorité de sûreté», comme pour l'évènement du 7 juillet (voir Nucléaire: deux fuites et les peurs se réveillent), qui avait finalement coûté le siège de directeur général de la Socrati à Yves André. L'organisation estime en outre que les conséquences de ces nouvelles fuites sont «bien plus graves pour la santé des riverains que les formulations rassurantes de l'ASN», car ces rejets «soumettent les riverains des installations nucléaires à des irradiations qui, même à des faibles doses, sont très dangereuses dans la durée». C'est ainsi que Sortir du Nucléaire demande la «fermeture immédiate et définitive de la Socrati», et un «audit indépendant de toutes les usines d'Areva», montrant du doigt celle de la Comurhex-Areva de Malvesi (Aude), qui serait «coupable de graves rejets dans l'environnement ces derniers mois».
Sources: L'Express, Le Dauphiné Libéré, Le Figaro, Le Journal du Dimanche, Le Nouvel Observateur, Le Parisien, Le Point, Ouest France
La centrale de Tricastin (AFP)
Lundi 7 juillet, 74 kg d'uranium ont fui de l'usine de retraitement Socrati, appartenant au groupe Areva et située sur le site de Tricastin. Une cuve de rétention a en effet débordé lors d'une opération de nettoyage, précise Fabrice Voisin, du Journal du Dimanche. Un «manque de coordination évident entre les équipes en charge des travaux et celles responsables de l'exploitant» est à «l'origine de cet incident», a avoué le géant français du nucléaire, Areva.
Jeudi 17 juillet, des rejets d'effluents radioactifs ont été relevés sur le site de Romans-sur-Isère, dans la Drôme. L'usine en cause, FBFC, une filiale d'Areva, produit du combustible nucléaire pour des centrales de production d'électricité et des réacteurs de recherche. Une rupture de canalisation reliant un atelier de fabrication de combustible 'CERCA' à une station de traitement est à l'origine de l'incident, selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Aucun lien avec Tricastin, a tôt souligné l'ASN, puisque «les premières analyses montrent qu'il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement car les quantités d'uranium sont très faibles, de l'ordre de quelques centaines de grammes». Entre 120 et 750 grammes précise Charles-Antoine Louët, chef de la division de l'ASN à Lyon, cité par Le Point. En outre, «la nappe phréatique est très éloignée et le sol est très étanche». Libération, s'appuyant sur des propos de Corinne Minot, directrice de cabinet du préfet de la Drôme, explique les circonstances de cette découverte: «c'est l'exploitant qui faisait des travaux de maintenance qui s'est rendu compte en ouvrant un caniveau qu'il y avait une présence anormale de boue». La canalisation touchée est «un dispositif en béton au sein duquel l'effluent se colmate, donc il y a très, très peu de probabilités de propagation au sol», a tenu à préciser Corinne Minot.
Alors que les ONG s'était indigné, lors de l'incident de Tricastin, de ce qu'ils ont appelé une "rétention délibérée d'information", la fuite n'ayant été révélée par la Socrati et par l'ASN que quatorze heures après, Areva, l'Autorité de Sûreté Nucléaire et la préfecture de la Drôme ont mis en avant l'immédiate réactivité des employés de la société FBFC. L'ASN a déclaré avoir ensuite envoyé trois inspecteurs sur place «de 01H00 à 05H00 du matin pour examiner les circonstances de l'événement et les mesures prises par l'exploitant». Parmi ces mesures, la fermeture de la tuyauterie défaillante et des «mesures correctives destinées à protéger la zone contre les éventuelles intempéries». Corinne Minot, qui juge que «pour l'instant, il n'y a aucun impact environnemental, donc il n'y a pas de mesure à prendre» précise toutefois dans Libération qu'un suivi et une surveillance a été mis en place «avec l'ensemble des services de l'Etat concernés, avec l'éclairage de l'Autorité de Sûreté Nucléaire». L'incident à la Socrati avait en revanche nécessité la restriction de l'usage et l'accès à l'eau potable dans plusieurs communes. Areva assure que «l'incident est circonscrit à l'endroit de la rupture de la canalisation et reste donc limité au site». D'ailleurs, il devrait être classé au niveau 1 de l'échelle des incidents nucléaires, qui va de 0 à 7, sur proposition de la FBFC. Seule ombre au tableau: la rupture de cette canalisation enterrée daterait de plusieurs années et, en outre, celle-ci serait «non-conforme (...) vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable qui demandent une capacité de résistance aux chocs suffisante pour éviter leur rupture», a souligné l'ASN, qui a saisi la justice.
La fédération écologiste France Nature Environnement déplore que «comme d'habitude, c'est le porte-parole de l'ASN qui a délivré et contrôlé cette information», estimant que «tous les pouvoirs de gestion de la filière nucléaire sont concentrés dans les mains des cinq dirigeants» de l'ASN. La Voix du Nord ajoute que FNE exige que des autorités de contrôle indépendantes «puissent faire un audit public de ces différents accidents pour que tout citoyen puisse en connaître les causes et les effets». Des actions en justice sont également envisagées. Comme pour lui répondre, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Energie et de l'Environnement, a insisté sur la "transparence" et la "réactivité" nécessaires dans le domaine du nucléaire, d'après Le Nouvel Observateur. Ainsi, selon le ministre d'Etat, le Haut comité sur la transparence devra «remettre à plat l'ensemble du système de procédures, évaluer l'ensemble des nappes phréatiques sous les installations nucléaires, faire le point sur les déchets nucléaires anciens». Il l'indique lui même: «je mets un accent très fort sur la réactivité : le fait que l'opérateur doit informer immédiatement, pas trois heures après». Référence à l'incident de Tricastin. Il a cependant redonné toute sa confiance à l'ASN, notant qu'elle effectue quelque 800 contrôles par an, et aux exploitants des sites nucléaires, soulignant qu'il était de leur responsabilité de faire leurs propres contrôles. «Apparemment, tant qu'on est au coeur du sujet on a l'impression qu'il y a une très, très grande rigueur. Mais quand on est sur le traitement des effluents, de l'eau, etc. on a le sentiment qu'il y en a moins», a ajouté Jean-Louis Borloo. «Mon sentiment, c'est que plus on s'éloigne du coeur du sujet, moins il y a de rigueur» dans la sous-traitance des installations nucléaires, a ajouté le ministre. Celui-ci s'est enfin montré rassurant, assurant que le nombre d'incidents de niveau 1 était de «114 en 2006 et de 86 en 2007, soit une baisse de quelque 30%» et que les incidents de cette ampleur, qui sont «sans effet sur l'environnement et la santé» permettent même «d'améliorer le dispositif» de sûreté.
Ces deux incidents en dix jours sont autant de coups durs pour Areva, au centre de la polémique sur la sécurité des infrastructures nucléaires en France. Et cela deux semaines après que Nicolas Sarkozy avait affiché sa certitude que le nucléaire était «l'énergie du futur». Ces incidents, estime Les Echos risquent de semer un peu plus le trouble et de réveiller les vieilles peurs dans l'Hexagone.
Sources: Le Journal du Dimanche, Le Nouvel Observateur, Le Point, Les Echos, Libération
ReutersNicolas Sarkozy a annoncé la prochaine construction d'une deuxième centrale nucléaire "EPR" (European Pressurised water Reactor). Un autre réacteur de ce type est actuellement en construction à Flamanville, dans la Manche. Le chantier de ce qui sera le 60e réacteur français devrait débuté en 2009 pour une mise en service en 2017, note Vincent Defait, de L'Humanité. En revanche, le président n'a pas indiqué où la nouvelle centrale serait construite. Nicolas Sarkozy a expliqué sa décision: «l'ère du pétrole bon marché, c'est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable». Jean-Claude Bourbon, de La Croix, rappelle en effet que le baril du pétrole a dépassé les 146 dollars. Alexeï Miller, PDG de Gazprom, prévoit une hausse «prochaine» jusqu'à 250 dollars. «L’électricité qui sort d’un EPR coûte 30 à 50 % moins cher que celle qui sort d’une centrale à charbon ou de gaz. On peut devenir exportateur d'électricité alors qu'on n'a ni pétrole ni gaz. C'est une chance historique de développement» a en outre affirmé le président. Vincent Defait (L'Humanité) n'en remarque pas moins que le nucléaire ne remplace que rarement le pétrole pour produire de l'électricité, en France.
Vincent Defait (L'Humanité) a recensé des soutiens inattendus au Président de la République. Ainsi le député communiste Daniel Paul, qui a estimé que «dans un contexte de lutte contre le changement climatique, le développement de notre capacité de production d'électricité nucléaire est une bonne chose», tout en soulignant que «la puissance publique doit en garder le contrôle». Aussi, la CGT a défendu le projet, s'appuyant sur un contexte «de creusement du déficit de production électrique prévu à moyen terme». Mais cette position est loin de faire l'unanimité. Le Nouvel Observateur parle même de "tollé des associations écologistes". Greenpeace a qualifié la décision présidentielle d'«aberrante» et «stupide». Le directeur français des campagnes, Yannick Jadot, souligne également que cette «faute lourde (...) sonne en partie la mort du Grenelle de l'Environnement», qui donnait «la priorité absolue aux économies d'énergie et au développement des renouvelables». Par ce fait, «le président a déchiré la feuille de route et s'est assis sur le dialogue à cinq» entre syndicats, élus, patrons, Etat et ONG. L'association Sortir du Nucléaire estime en outre que le chantier (EPR) de Flamanville a été «marqué par de lourdes déconvenues et une suspension des travaux par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)». Le Nouvel Observateur rappelle que l'ASN avait repéré en mai des "fissures" dans l'îlot nucléaire de l'EPR. EDF n'aurait ainsi pas acquis une «solide expérience de construction» de ses réacteurs de troisième génération. Cité par Vincent Defait (L'Humanité), Yves Marignac, directeur de WISE-Paris, une agence de conseil dans le domaine de l'énergie, estime que cette décision «paraît déconnectée de toute analyse des besoins énergétiques de la France», mais que «cela fait sens s'il s'agit de mettre en valeur Areva avant sa privatisation et alors que Suez investit dans le nucléaire».
Il s'avère que le tout prochain groupe GDF-Suez, qui devrait naître le 21 juillet, rappelle Vincent Defait, est en concurrence avec EDF pour la construction de cette nouvelle centrale. Une véritable compétition s'est même amorcée, assure La Tribune. Ce qui doit réjouir Nicolas Sarkozy, fervent promoteur de la libéralisation du marché énergétique, souligne L'Humanité. Pourtant, EDF ne paraissait pas enclin à investir dans le nucléaire ces dernières semaines. Il n'y a pas encore si longtemps, écrit Jean-Claude Bourbon (La Croix), le groupe estimait que la France n'avait pas besoin de nucléaire supplémentaire d'ici à 2020. EDF avait plutôt les yeux tournés vers la Chine, l'Afrique du Sud, les Etats-Unis ou encore la Grande-Bretagne, écrit le journaliste de La Croix. Sur les 35 milliards d'euros qui devraient être investis sur la période 2008-2010, l'électricien prévoit d'en dépenser 15 milliards hors de France. Dans l'Hexagone, EDF devait se contenter de prolonger la vie des réacteurs les plus anciens (d'une trentaine d'année) et d'augmenter la puissance et la disponiblité des grosses centrales. Jean-Claude Bourbon explique ce qu'il considère comme un "revirement" stratégique par la croissance sur le marché français de ses concurrents internationaux, comme l'italien Enel, qui possède 12,5% de l'EPR de Flamanville, ou l'allemand E.ON, intéressé par la construction d'une centrale en France. L'enjeu, souligne le journaliste de La Croix, est de garder une expertise nucléaire. Un enjeu crucial pour le groupe public. C'est donc ainsi qu'EDF s'est déclaré «prêt à s'engager dans ce projet», en rappelant qu'il disposait «de sites potentiels d'implantation, des compétences reconnues de ses salariés et de l'expérience nécessaire», d'après La Tribune. EDF possède en effet 58 réacteurs de deuxième génération. Suez s'est également félicité de l'annonce du président, et a affirmé qu'ils «travaillent depuis plusieurs mois sur les différentes options et ont renforcé à cet effet les échanges et la coopération avec Areva» et que «dans l'hypothèse où GDF Suez déciderait d'être candidat à la construction et l'exploitation de ce deuxième EPR en France, le nouveau groupe le ferait en coopération avec des partenaires électriciens français et/ou internationaux ainsi qu'avec des industriels électro-intensifs intéressés». La Croix note que Suez possède déjà sept réacteurs en Belgique, et une participation dans les centrales EDF de Chooz (Ardennes) et de Tricastin (Drôme). La Tribune ajoute que Suez a signé en janvier un partenariat avec Areva et Total pour construire deux EPR aux Emirats Arabes Unis. « Suez veut être un opérateur en propre, producteur et exploitant, de centrales nucléaires de nouvelle génération à l'horizon 2017-2020» a confirmé son porte-parole.
Vincent Defait (L'Humanité) finit par craindre que cette décision soit un signal politique risqué envoyé aux Etats membres de l'Union Européenne Surtout que, souligne Jean-Claude Bourbon, l'Allemagne et la Belgique ont décidé d'abandonner le nucléaire. En Italie, le débat est plus délicat. Bien que la population ait tranché en 1987 par référendum contre le développement du nucléaire, le gouvernement en place affiche sa volonté de "passer outre". Le parti écologiste Cap 21 estime que «cette annonce envoie un bien mauvais signal en matière de diversification du mix énergétique, de décentralisation de la production, de recherche de plus grande efficacité énergétique». Vincent Defait rappelle en effet qu'un des enjeux de la PFUE est de faire adopter le "paquet climat-énergie", censé fixer des objectifs audacieux en terme d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables.
Sources: L'Humanité La Croix, La Tribune, Le Nouvel Observateur
Christophe Margerie, directeur général de Total (Reuters)Face à la grogne montante des professionnels, agriculteurs, pêcheurs, routiers face à la flambée du prix du pétrole, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde a reçu des représentants de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), ainsi que Christophe de Margerie, le patron de Total. Une société que Bertrand Delanoë accuse de se "goinfrer" dans un contexte de "crise terrible". Alors que le pétrole s'échange à encore plus de 130 dollars le baril, Total affiche déjà un profit de 3,3 milliards de dollars au premier trimestre 2008, souligne Le Monde, dans la lancée des résultats records de 2007 (12,2 milliards de profit). Ségolène Royal avait d'ailleurs exhorté le gouvernement à prélever «80% de ces profits afin de les investir dans les énergies renouvelables», afin de «préparer l'après-pétrole». Le député socialiste Jérôme Cahuzac avait appelé à une meilleure utilisation des profits, déplorant que Total rachetait pour 1,7 milliards d'euros de ses propres actions et augmentait de 11% les dividendes de ses actionnaires. L'UMP avait également réagi. Ciblant le "populisme" et la "démagogie", le parti avait brandi le risque que Total ne déplace son siège à l'étranger. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, avait tout de même demandé à l'entreprise pétrolière de faire preuve de "solidarité".
Pressée d'agir sous la pression populaire, souligne La Tribune, Christine Lagarde est parvenue à un arrangement: Total s'engage à financer la "prime à la cuve de fioul" qui était passée de 75 à 150 euros l'hiver dernier. 700.000 foyers en auraient bénéficié, selon Bercy. Ce serait une nouvelle fois 102 millions d'euros qui seront dépensés l'hiver prochain, a assuré Christophe de Margerie. L'Etat participera à hauteur de 42,7 millions d'euros à ce fond social, destiné aux contribuables non-imposables qui se chauffent au fioul. Christine Lagarde, qui a salué «l'effort de solidarité» du groupe français, a ajouté que «Total s'est engagé à examiner de manière très favorable l'augmentation de la prime à la cuve que nous avons décidée, qui passerait donc de 150 à 200 euros», soit le souhait du Président. Dans ce cas, Luc Chatel a estimé la contribution entre 140 et 200 millions d'euros, ce que n'a confirmé ni Christine Lagarde, ni Total. Le groupe français s'est également «engagé à inciter» les autres groupes étrangers (BP, Shell, Exxon) à l'imiter. En outre, d'autres engagements ont été pris par les distributeurs pétroliers, comme celui de «systématiquement répercuter les baisses du prix du baril à la pompe, le plus vite possible, et d'autre part de lisser sur des périodes d'au moins quatre semaines toutes les hausses du prix du baril». Nicolas Cori, de Libération souligne que cet engagement, déjà pris en 2006, ne devrait rien coûter à Total. Autres engagements: celui de «financer la recherche dans les énergies renouvelables», et celui d'aider le gouvernement à trouver des idées pour «une meilleure stabilité du prix sur les marchés pétroliers».
Le Figaro rappelle que Nicolas Sarkozy avait proposé de financer ce renchérissement de la prime à la cuve en utilisant le surplus de recettes perçues par la TVA depuis le début de l'année, soit 170 millions d'euros, selon le ministère du Budget. Mais Bercy et Matignon avait "refroidi les ardeurs élyséennes", signalant que ce surplus était à modérer, du fait des moins-values observées sur la TIPP, liées à la baisse de la consommation, et estimées à 100 millions d'euros. Nicolas Cori mentionne que le Président tente toujours d'obtenir de Bruxelles le plafonnement de la TVA sur les carburants, malgré le scepticisme des partenaires européens. Scepticisme non-partagé par Jean-Pierre Raffarin. Dans un entretien accordé à RTL, l'ancien premier ministre va même plus loin, suggérant de «bloquer le prix du baril à 100 dollars, et neutraliser l'aspect fiscal au-dessus de ce plafond. Ceci en France, mais si ça peut être au niveau européen aussi, c'est mieux». Une proposition qui «va dans le sens de la proposition de Nicolas Sarkozy». Le sénateur UMP a en outre balayé les propositions socialistes de taxer les profits de Total, déclarant qu'«il n'y a que madame Royal aujourd'hui, et peut-être monsieur Chavez, pour croire encore aux nationalisations», tout en rappelant que «Total fait 95 % de ses bénéfices à l'étranger».
Mais alors, de manière plus générale, se demande les Echos, que faire face à l'envolée du pétrole? Le prix du baril a bondi de 13% sur quelques jours, voire quelques heures, et s'élève encore à plus de 130 dollars. Les Echos s'appuie sur les deux plus grands courtiers mondiaux en pétrole, Morgan Stanley et Goldman Sachs, pour annoncer que le baril à 150 dollars est "probable à court terme". Juillet, annonce même ce premier. Et pour cause, «la demande pétrolière est faible, mais l'offre est encore plus faible» analyse Jeffrey Currie, de Goldman Sachs. Or, comme dirait Nicolas Sarkozy, «l'économie européenne et l'économie mondiale sont soumises à un choc d'une force sans précédent». Un choc d'autant plus rude que les gouvernements n'ont pas forcément les capacités financières à répondre à la détresse des ménages et des professionnels. A peine la Russie, l'Indonésie ou la Syrie ont réduit leurs subventions aux produits pétroliers, pour limiter le déficit commercial. En revanche, la Chine et l'Inde, dont la demande croissante en pétrole attise la flambée des prix pétroliers, ont quant à eux refuser d'aligner les prix de leurs carburants sur leurs tarifs internationaux.
En France, La Dépêche du Midi révèle que le trafic de carburant est en plein essor. Le journal nous présente le cas de deux délinquants qui n'ont pas hésité à vider des réservoirs d'engin de chantier. Et quand, au tribunal, on leur demande pourquoi ils ont volé ces litres de gasoil, ils répondent : «C'est pas pour revendre, Monsieur. C'est pour rouler gratuit ». Ce qu'il n'empêche qu'ils ont écopé d'un mois ferme, et de trois mois pour récidive. Les professionnels du transport, s'ils notent que ce phénomène existe depuis toujours, remarque que le syphonage aurait tendance à s'organiser. Autre phénomène en vogue, et plus sain: le covoiturage. Le Figaro note que le comportement est de moins en moins marginal, du fait des grèves des transports en commun et surtout de la hausse des prix du pétrole. On "covoiture" aussi bien pour le bureau que pour les loisirs, ce qui permet d'économiser jusqu'à cent euros par mois, selon une de ses adeptes. Les sites internet spécialisés se multiplient: «on en a recensé 78 l'an dernier», souligne Robert Claval, du Certu (Centre d'étude sur les réseaux des transports et d'urbanisme), soit 500.000 annonces, selon lui, que ça soit pour particuliers, pour entreprises ou pour collectivités territoriales. Renault et les autoroutes Paris-Normandie s'y sont laissés tenter. Un mouvement qui n'est pas uniquement français, souligne Le Figaro. L'Allemagne, l'Angleterre et les Etats-Unis sont parmi les pays les plus avancés sur ce domaine. Certains pays rendent même les péages urbains gratuits pour les adeptes du covoiturage, ou leur réservent des voies d'autoroutes.
Quant aux professionnels directement touchés, pêcheurs, routiers, taxis et agriculteurs, ceux-ci "basculent de manifestants à émeutiers", écrit Maximilien Rouer, PDG de Becitizen, dans une chronique de La Tribune. Or, écrit-il, "manifester contre la hausse du prix de l'énergie revient aujourd'hui à manifester contre la pluie". "La société, organisée autour d'un pétrole peu cher, doit se réorganise face au pétrole cher", car la hausse du prix de l'énergie est, selon lui, structurelle, et non conjoncturelle. Et les discours politiques ne font que les renforcer dans leur mouvement. Car c'est devant le manque de solutions proposées par le gouvernement et l'Union Européenne que les manifestants deviennent émeutiers. Alors Maximilien Rouer propose des adaptations structurelles. Aux pêcheurs, la reconversion. "Personne ne peut s'en réjouir", note-il, mais l'appauvrissement des stocks de poissons et la flambée des prix du gazole rendent la situation inexorable. Aux agriculteurs, la diversification de leurs productions (vers le secteur énergétique: bioénergies, solaires, éoliens). Aux taxis: une participation de l'Etat pour leur fournir des véhicules moins consommateurs plutôt que des aides financières. Aux transporteurs, une restructuration qui se fera selon lui naturellement, en fonction des contraintes énergétiques et climatiques. Enfin, aux particuliers: les économies d'énergie dans le logement et le transport, et le développement des courtes distances. Et tout cela encouragé par des aides gouvernementales.
Mais alors que les pays consommateurs, membres du G8, mais aussi la Chine, l'Inde et la Corée du Sud se réunissaient à Aomori (Japon) pour "partager leurs vives inquiétudes à propos du niveau actuel des prix du pétrole", Pierre Cochez, de La Croix, remarque que les pays producteurs se frottent les mains. Ainsi, les pays de l'Opep (organisation des pays exportateurs de pétrole), qui représentent 40% du marché, n'hésitent pas à taxer l'exploitation des compagnies pétrolières jusqu'à 90% de leurs ventes. Didier Houssin, directeur du pétrole à l'agence internationale de l'énergie (AIE), cité par La Croix, explique: «Ce sont les prix chers qui créent du nationalisme pétrolier. Et non l"inverse. Depuis le début de la hausse, les contrats ont été renégociés par les pays producteurs. Actuellement les positions se durcissent et, pour les compagnies pétrolières, les relations avec les pays hôtes sont de plus en plus difficiles ». Grace à cet argent, ces pays investissent massivement dans de grands projets immobiliers et industriels, placés dans des fonds souverains, comme le Fonds Adia d'Abou Dhabi (Emirats Arabes Unis). Autre bénéficiaire de la flambée des cours pétroliers, les producteurs de gaz, dont le prix est indexé sur celui du pétrole en Europe continentale et en Extrême-Orient, mais aussi aux producteurs de charbon, dont le prix a été tiré vers le haut par la demande de pays émergents, comme la Chine, remarque Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole (IFP), à La Croix. Quant aux compagnies pétrolières, Olivier Appert note des beaux jours à court terme, mais prévoit des difficultés à plus long terme, du fait du nationalisme des pays producteurs, et des coûts croissants des investissements. Autre bénéficiaire, de manière plus indirecte: les producteurs des autres énergies. EDF en tête, qui profite du coût stable de ses centrales nucléaires par rapport au centrales thermiques au gaz, mais aussi les producteurs d'énergies renouvelables, l'éolien et le photovoltaïque gagnant en intérêt. Enfin, Pierre Cochez souligne que les fournisseurs d'équipements d'économie d'énergie, comme le français Saint-Gobain, ne sont pas non plus en reste.
Sources: La Croix, La Dépêche du Midi, La Tribune, Le Figaro, Le Monde, Les Echos, Libération

Jacques Diouf, président du FAO (Reuters)
Le sommet mondial sur la sécurité alimentaire s'est déroulé cette semaine à Rome, au siège de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Pour l'occasion, une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement ont fait le déplacement dont le président français Nicolas Sarkozy, le président brésilien Lula, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et la présidente argentine Carolina Kirchner. Et pour cause, le contexte est très lourd: la flambée des prix alimentaires - le cours des céréales a augmenté de 50% depuis quatre mois rappelle Ouest France - a entraîné de violentes 'émeutes de la faim' (voir Revue de presse du 14 avril) en Afrique, en Amérique Latine et en Asie. Ce sont 100 millions de personnes qui sont soumises au risque de famine, cent millions en plus des 850 millions qui "vivotent" avec moins d'un dollar par jour, soit le septième de l'humanité, écrit Joseph Limagne, dans Ouest France. Durant trois jours, les 192 Etats membres de la FAO ont assisté à cette "conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale face aux défis du changement climatique et des bioénergies". Abdolreza Abassian, de la FAO, note que «les délégués qui viennent au sommet savent tous ce qui s'est passé et ce qu'il faut faire, à savoir investir à nouveau dans l'agriculture. Les divisions apparaissent sur la manière de s'y prendre». Joseph Limagne notera tout de même quelques "hors sujet", comme celui d'Ahmadinejad, qui s'est une nouvelle fois lancé dans une diatribe anti-Israël. La présence du zimbabwéen Robert Mugabe, accusé d'avoir ruiné son pays, a été elle aussi jugée pathétique.
Le sommet s'est finalement achevé le 5 juin sur l'adoption d'une déclaration commune "par acclamation", selon La Tribune. Les pays s'engagent à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées pour 2015, et à atteindre la sécurité alimentaire. En outre, le texte souligne que la nourriture "ne devrait pas être utilisée comme moyen de pression économique et politique". En revanche, rien ou peu de choses sur les carburants et l'agriculture subventionnée. Le résultat d'une "bataille du chacun pour soi", écrit Joseph Limagne, le Brésil et les Etats Unis défendant les biocarburants - ils en sont les deux principaux producteurs - et l'Union Européenne "s'accrochant à sa politique agricole commune". Ce sont pourtant deux sujets qui ont été au coeur du débat. Ainsi, écrit Eric Jozsef dans Libération, aux ONG défendant la mise en place d'un moratoire sur les biocarburants, le président brésilien Lula s'est dit «scandalisé de voir l'énergie propre issue des biocarburants pointée du doigt». Les agrocarburants sont notamment accusés d'avoir attiser la flambée des prix agricoles. Quant aux subventions, l'AFP souligne l'attitude de l'Argentine, qui a lutté jusqu'au bout contre une disposition sur "les mesures restrictives qui peuvent augmenter la volatilité des prix internationaux", avant de refuser d'adhérer au texte. Au final, les pays ne font qu'appeler à des "études approfondies" sur les bioénergies, dans une perspective de "développement durable", sans toutefois prévoir la mise en place d'une instance de contrôle ou d'évaluation. De même, le texte "encourage la communauté internationale à poursuivre ses efforts en matière de généralisation des échanges agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l'origine de distorsions des marchés". Au final, on aboutit à une "déclaration a minima", selon la Voix du Nord. Le Monde note tout de même qu'une idée a fait l'unanimité: celle de doubler la production alimentaire mondiale d'ici à 2050 en privilégiant le développement de l'agriculture des pays du sud, surtout d'Afrique. Joseph Limagne signale par ailleurs que Nicolas Sarkozy a eu le mérite de dénoncer l'"erreur stratégique historique" d'avoir privilégier les cultures rentables, comme le coton, au détriment d'une agriculture vouée à l'alimentation des populations locales. Et que son idée de créer un "groupe d'experts sur la sécurité alimentaire", comme il en existe pour le climat, lui paraissait utile. Autre satisfaction: la levée de fonds d'urgence, promis par différents donateurs comme la Banque Mondiale, la Banque islamique de développement, les Etats Unis et la France. Soit 6,5 milliards de dollars, selon Jacques Diouf, président du FAO.
Jacques Diouf, qui avait pourtant déclaré en début de conférence qu'«avec les tendances observées, cet objectif (de réduire de moitié la sous-alimentation dans le monde) serait atteint en 2150 au lieu de 2015», semblait ravi à l'issue du sommet: «on ne s'est pas contentés de paroles mais on a décidé de mobiliser des ressources pour mettre en oeuvre des actions à court, moyen, et long terme». Mais Laetitia Craveul écrit dans Le Monde que le FAO, contesté pour son manque d'efficacité n'avait qu'un but: aboutir à un consensus sur l'idée de produire plus, la question des subventions et des agrocarburants étant nettement plus délicate. Enthousiasme non partagé par le Venezuela, qui a jugé que les pays avaient «laissé passer l'opportunité de faire un pas en avant courageux pour lutter contre le 'fléau' de la faim». Franco Frattini, ministre italien des Affaires Etrangères a lui aussi fait part de sa déception: «il y a eu de grandes déclarations mais je n'ai pas senti cette cohésion unanime qui aurait été nécessaire», arguant que «les remèdes divergent encore beaucoup». Par ailleurs, La Tribune remarque que cette déclaration finale ne fait que reprendre celles des précédents sommets de 1996 et 2002, notamment sur le but d'"atteindre la sécurité alimentaire" et sur l'objectif de "réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées pour 2015 au plus tard". Les ONG ne se sont pas fait attendre pour réagir. Actionaid a ainsi estimé que «les conclusions du sommet sont le résultat du manque de volonté de la part des gouvernements de protéger véritablement les populations les plus pauvres et vulnérables». Nombre d'entre elles ont eu à coeur de défendre l'agriculture familiale et le principe d'autosuffisance alimentaire, face aux "vents de la mondialisation" (Ouest France). Flavio Valente, secrétaire général de l'Organisation internationale pour le droit humain à l'alimentation (FIAN) a ainsi expliqué qu'«il faut renforcer la production locale, pas la placer sour le contrôle de l'agribusiness», Laetitia Craveul ayant noté la présence de quelques multinationales au sommet. Autre son de cloche pour Donald Kabenuka, président de la Banque africaine de développement, déclarant que «l'heure est venue de voir l'agriculture africaine comme une véritable opportunité commerciale». Ndougou Fall, président du ROPPA, un réseau d'organisations paysannes regroupant plus de quarante millions de petits producteurs d'Afrique de l'Ouest, avait pourtant prévenu: «Rome ne doit pas être le lieu où sera ressuscitée une OMC en crise, où seront déterrés les accords de partenariat économique, ni celui où donner une nouvelle vie à la Banque Mondiale», affirmant que «les même procédés produiront les mêmes résultats. Ni la libéralisation, ni une nouvelle révolution verte africaine ne serviront à régler une crise puisqu'elles sont une partie du problème». L'organisation britannique Oxfam est plus tempérée, qualifiant ce sommet de «premier pas important», mais jugeant par la voix de sa responsable, Barbara Stocking, que les dirigeants doivent «s'attaquer aux causes en mettant fin à la production à outrance des biocarburants et en fournissant une aide à plus long terme à l'agriculture», avant de conclure «les bonnes idées doivent être suivie par des chèques au Japon», à savoir au G8 qui se déroulera en juillet.
Sources: La Tribune, La Voix du Nord, Le Monde, Libération, Ouest France




