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Environnews

Etudiant en licence d'aménagement, d'environnement et d'urbanisme à l'université des Sciences et Technologies de Lille (Lille-I), je vous propose des revues de presse sur des thèmes touchant au développement durable. Bonne lecture!

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Vendredi 25 Avril 2008

L'usine Tereos d'Origny-Sainte-Benoîte.     (AFP/ALAIN JULIEN)

  Ces derniers jours, note Le Monde, organisations internationales (FMI, Banque mondiale, Programme alimentaire mondial...) et responsables politiques montent au créneau contre les biocarburants. Premier argument avancé: la vogue pour le carburant agricole aurait fait flamber les prix alimentaires à travers le monde. Ainsi, note Ophélie Neiman sur Rue 89, un temps présentés comme les sauveurs de la planète, les biocarburants sont désormais désignés comme les affameurs des pays pauvres.  Alarmé par les émeutes de la faim qui se sont multipliés dans le monde, Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, a déclaré que cette mode lui posait un "problème moral". Ophélie Neiman a relevé d'autres problèmes. Ainsi, en 2002, une étude américaine est parvenue à prouver que le diester (ou biodiesel) rejette autant de gaz à effet de serre que le gazole. Une autre étude a également prouvé que le bioéthanol E85 est aussi cancérigène que l'essence. Ajouter à cela le problème d'espace. Ainsi, l'ingénieur Jean-Marc Jancovici atteste sur son blog que pour produire suffisamment de bioéthanol pour remplacer le pétrole dans les transports en France, il faudrait une surface de culture de betterave équivalente à 120% la superficie du territoire. Un problème d'espace qui pose aussi la question des risques de déforestation, notamment au Brésil.

    En France, une vingtaine d'années après le Brésil ou les Etats-Unis, la France s'est lancée dans les biocarburants en 2006, sous l'impulsion du ministre des Finances, Thierry Breton. Le pays s'est fixé l'objectif d'incorporer 7% d'agrocarburants dans les réservoirs d'ici 2010. Mais, souligne Rue 89, les biocarburants restent peu connus et peu répandus en France. Ce qui peut également expliquer l'annonce du groupement d'indépendants, Système U, de suspendre le développement de leur dispositif de distribution de bioéthanol (1000 litres par mois dans 22 pompes) lancé en 2006. Informations du Figaro. Officiellement, on déclare que «cet agrocarburant n'est pas une alternative crédible pour l'avenir». Les producteurs de biocarburants répondent: «sans les biocarburants, la France ne sera pas en mesure de respecter ses engagements en termes d'énergies renouvelables» de 20 % en 2020. Mais, politiquement, où en est-on? Jean Syrota, auteur du rapport "Perspectives énergétiques de la France à l'horizon 2020-2050" - remis à François Fillon en septembre 2007 - suggère au Premier Ministre d'arrêter les "investissements nouveaux dans la production de biocarburants de première génération". Jean-Claude Bévillard, de France Nature Environnement, le rejoint: «Tous ces investissements réalisés sont encombrants pour le gouvernement». L'ONG demande une diminution des objectifs français et européens de fixer à 10% les surfaces agricoles consacrées aux biocarburants. 

    Quant au gouvernement, d'après Le Monde, sa position sur le sujet  n'est pas encore clarifiée. Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, souligne que «la question n'est pas celle des biocarburants» mais de «la place qu'ils occupent», soit 7 à 10% en 2010 en France contre 20 à 30% au Brésil et aux Etats-Unis. Selon Barnier, la priorité reste l'alimentation. Jean-Louis Borloo, en marge du Forum international de l'énergie de Rome, Jean-Louis Borloo a évoqué «une pause sur de nouvelles capacités», tout en affirmant que les investissement planifiés seront «honorés». D'où la colère d'Anne Souyris, porte-parole des Verts: «Dans les faits, le gouvernement n'abandonne pas ses objectifs! (...) Où est la pause?». Ophélie Neiman pose la question essentielle: «(Les biocarburants) doivent-ils être définitivement abandonnés ou, au contraire, améliorés?». Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, plaide pour la seconde solution. Jean-Louis Borloo le rejoint: «Cap sur la deuxième génération de biocarburants!». Tandis que la première génération concernait l'utilisation de maïs et de colza comme carburants, la deuxième s'appuie sur des produits non-alimentaires et des déchets de culture, précise Rue 89, comme la paille, les tiges, les copeaux ou les feuilles. Et dans ce domaine, la France accuse un lourd retard sur ses voisins. Ainsi, Angela Merkel vient d'inaugurer la première usine de deuxième génération, où l'on produira du biocarburant à partir de résidus de bois. De plus, comme l'affirme Philippe Tillous-Borde, représentant de la filière biodiesel, «Tout cela coûte cher». Ainsi, Rue 89
affirme que pour produire un litre d'éthanol, il faut 43 kilos de bois. La méfiance est de mise du côté de la Confédération Paysanne. «Aujourd'hui, le monde comprend enfin que les biocarburants de première génération sont une arnaque technique, environnementale et humanitaire. Désormais, c'est la deuxième génération qui est censée être formidable. Mais elle n'existe qu'à l'état de micro-projets. Ces biocarburants ne seront jamais à l'état de production industrielle. La troisième génération semble être la plus raisonnable» affirme ainsi Jacques Pasquier. Une troisième génération? Ce serait des carburants à base d'algues, des algues que l'on sait très riches en graisse, et très abondantes. Encore à l'état expérimental, souligne Ophélie Neiman. Ce serait aussi des carburants produits à partir de phytoplancton. Quant à l'utilisation de déchets ménagers, elle est déjà appliquée à Lille.

    Et Le Figaro de conclure: "A l'heure où le baril de ­pétrole n'en finit pas d'établir de nouveaux records, les biocarburants continuent bien sûr d'avoir des défenseurs, mais leur avenir en France ne semble guère porteur."

Sources: Le Figaro, Le Monde, Rue 89

Lundi 14 Avril 2008
Emeute de la faim en Haïti. (Cubillos/AP)

    Des "émeutes de la faim" au XXIe siècle, écrit La dépêche du midi, scandaleux paradoxe, dans un monde qui regorge de richesses. Les révoltes liées à l'explosion des prix alimentaires éclatent dans les zones les plus pauvres du globe. L'Humanité rapporte que pour la seule année 2007, la FAO (l'organisme de l'ONU chargée de l'alimentation et de l'agriculture) chiffre à 80% la hausse des produits laitiers et à 42% celle des céréales. La Banque Mondiale estime cette augmentation sur trois ans à 181% pour le prix du blé et à 83% pour les produits alimentaires. La Voix du Nord indique que le riz - produit de base en Afrique - aurait vu son prix s'élever de 40 à 300% sur le continent, et que cette flambée concerne aussi les produits importés: huile de palme et d'arachide, sucre... Surtout, comme le rappelle Tamara Kummer du PAM (Programme alimentaire mondial) dans L'express, les villes ne sont désormais plus épargnées. La liste des pays concernés depuis six semaines par ces débordements est longue: Burkina Faso, Egypte, Cameroun, Côte d'Ivoire, Mauritanie, Ethiopie, Madagascar, Sierra Leone, Sénégal, Indonésie, Philippines, Bangladesh, Afghanistan, Argentine, Haïti. Et
encore incomplète. Premier exemple: l'Afghanistan. Hamid Karzaï, le président afghan, a alerté la communauté internationale sur la situation de son pays en janvier, indiquant qu'un ménage afghan moyen dépense en moyenne 45% de son revenu pour la nourriture, contre 11% en 2006. Pour les citadins, c'est même 75% du revenu qui est voué à l'alimentation. Plus de 2,5 millions de personnes souffriraient de famine. Kummer explique que si la guerre, les mauvaises récoltes et la multiplication de camps de réfugiés peuvent expliquer cette situation, c'est avant tout le contexte économique régional qui en est la principale cause. Le dossier le plus sensible reste Haïti. En une semaine, le sac de 50 kg de riz a vu son prix passer de 35 à 70 dollars, dans un pays de 8,5 millions d'habitants où 80% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Résultat: des milliers de personnes sont descendus dans la rue, souvent violemment, écrit La Dépêche du Midi, dans la capitale et en province. L'Humanité rèvèle qu'à Porte-au-Prince, les pillages se sont multipliés, des jeunes ont pris possession de plusieurs rues de la capitale et ont formé des barricades. La station radio Vision 2000 a été la cible de jets de pierre, les animateurs obligés d'appeler la police à l'aide par les ondes. Un policier nigérian de l'ONU a même été tué par balles. Et le tout malgré l'annonce du président haïtien René Préval, qui a appelé les «fonctionnaires de l'administration qui gagnent un salaire mensuel de plus de 30.000 gourdes (environ 500 euros) à donner 10% pour aider les plus pauvres». Le président, qui a démis de ses fonctions le Premier Ministre, a également annoncé la baisse du prix du riz.

    La presse s'est interrogée sur les raisons de cette poussée des prix. Libération a listé cinq facteurs principaux. Le premier: "la mode des carburants". Le baril du pétrole à son plus haut niveau précipite la ruée vers l'or vert, écrit le quotidien. L'UE ou les Etats-Unis se sont déjà fixés des objectifs de consommation de biocarburants d'ici 10 à 15 ans. Christian Losson ajoute que même des pays en déficit alimentaire (Indonésie, Sénégal) suivent la tendance, sacrifiant des terres cultivables. Le FMI estime
«qu'entre 20 et 50% de la production mondiale de maïs ou de colza ont ainsi été détournés de leur usage initial». Conséquence: le cours du maïs, utilisé pour l'éthanol, a doublé en deux ans. Mais Sébastien Maillard note dans La Croix que l'essor des biocarburants n'est pas le «premier déterminant». Nicolas Bricas, chercheur au Cirad (Centre en coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), va même jusqu'à refuser ce constat. Selon lui, ce sont les «spéculateurs qui anticipent dès maintenant une montée future de l'engouement pour les carburants verts». Le pétrole cher a une autre conséquence, note Libération: l'explosion du coût des transports des denrées alimentaires, qui a des conséquences aussi bien sur les productions destinées à l'exportation que sur les marchés locaux, souligne Nicolas Bricas, toujours dans L'Express. Deuxième grand facteur, selon Libé: ce que le sénateur démocrate américain Byron Dorgan appelle «l'orgie de spéculation». Un «autre effet pervers de la crise des subprimes», écrit Christian Losson: les fonds d'investissement se tournent désormais sur les matières alimentaires: soja, blé, maïs, de «véritables valeurs refuges», selon Nicolas Bricas. La ministre française de l'économie, Christine Lagarde, semble être en adéquation avec cette observation. Selon elle, c'est en effet la crise financière, qui encourage les investisseurs à investir sur les marchés de matières premières, qui entraîne la flambée des prix de l'alimentation. Le troisième principal facteur relèverait du bouleversement climatique. Le PAM recense ainsi les «sécheresses en Australie et au Kazakhstan, inondations en Asie, ouragans en Amérique latine et un hiver record en Chine». Achim Steiner, responsable du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) note que «dans les grands pays, on atteint des limites en termes de disponibilité de terres arables et d'eau, et de réduction de la fertilité des sols». Christian Losson présente un quatrième facteur: "l'évolution des modes de vie". La croissance économique exponentielle des deux pays les plus peuplés au Monde, l'Inde et la Chine, dopent la consommation de viande. En 20 ans, celle-ci serait passé de 20 à 50 kg par habitant et par an en Chine, souligne La Voix du Nord. L'écologiste Lester Brown estime ainsi que «si les Chinois mangeaient autant de viande que les Américains, ils absorberaient 50 % des céréales mondiales». Or, Libération explique que "nourrir 60 milliards d'animaux à viande chaque année revient à produire autant de céréales que pour 4 milliards d'habitants". Mais, se demande La Voix du Nord, comment raisonner ces pays émergents alors qu'ils ne sont que copier le monde occidental? Ultime cause, d'après Libération: "les effets de la libéralisation". Jacques-Edouard Alexis, le premier ministre haïtien démis récemment de ses fonctions, signalait : «On nous impose, nous, poids plume, de boxer contre les poids lourds sur le ring commercial». Et les marchés locaux de se faire submerger par des produits subventionnée exportés par les pays riches. Sébastien Fourmy, d'Oxfam, accuse «les politiques de libéralisation à marche forcée, prônées pendant des décennies par le FMI et la Banque mondiale, (qui) ont contribué à rendre les pays pauvres encore plus vulnérables». Autre effet de la libéralisation: la baisse des aides au développement des pays riches: -8,4% en 2007, -15% pour la France, souligne Libération. Soit une baisse de moitié par rapport à 1984, estime Action Aid. Surtout que, comme l'atteste Christian Berthiaume, porte-parole du PAM, «»l'augmentation de 55 % du coût des produits alimentaires depuis juin 2007 a un impact énorme sur (leurs) opérations». Nicolas Ménage, chef du service des achats alimentaires du PAM, ajoute qu'il est en outre «devenu très difficile de trouver la nourriture», car «beaucoup de pays ont mis en place des mesures limitant leurs exportations d'aliments, en Asie, en Afrique et en Amérique latine».

    Si cette crise alimentaire prend autant de place dans les médias, alors que le phénomène est ancien, c'est que les grandes institutions internationales sonnent le signal d'alarme. Le FMI, par la voix de son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, indique ainsi que «la hausse des prix alimentaires pourrait avoir de terribles conséquences pour la planète entière si rien n'est fait pour l'endiguer». «Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim. Ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économique. Les progrès réalisés par les pays pauvres, depuis cinq à dix ans en matière de développement, pourraient se retrouver complètement détruits». D'après Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, ce sont cent millions d'individus qui sont concernés directement par le phénomène. Selon lui, 33 Etats sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux. La mobilisation internationale reste toutefois confuse, pour le moment. Ainsi, Jacques Diouf, directeur du FAO, est critique envers son organisation mère, l'ONU: «Avec une vraie urgence alimentaire dans 37 pays, je suis surpris de ne pas être convoqué d'urgence au Conseil de sécurité à New York, tant la hausse du prix des céréales a un impact sur la sécurité des peuples et sur les droits de l'homme, notamment des plus pauvres». En Europe, aucun accord n'a encore été trouvé, mais le commissaire européen au développement, Louis Michel est alarmiste: «Un choc alimentaire mondial se profile, moins visible que le choc pétrolier, mais avec l'effet potentiel d'un vrai tsunami économique et humanitaire en Afrique»

    Les institutions internationales tentent de réagir dans l'urgence. Mais, comme le souligne L'Humanité, le Programme Alimentaire Mondial risque une "crise de trésorerie". Le quotidien rappelle que l'agence a du revoir à la hausse son budget prévu cette année pour nourrir 73 millions de personnes dans 78 pays, de 2,9 milliards de dollars à 3,4 (soit 2,15 millions d'euros). Soit 500 millions de dollars à trouver dans l'urgence, avant le 1er mai, rappelle Bob Zoellick. Déjà plus de la moitié de cette somme a déjà été reçue. "Ce n'est pas assez" a-t-il déploré. Le Point affirme que la Banque mondiale va doubler ses prêts agricoles en Afrique, en les portant à 800 millions de dollars. Le FAO a débloqué 17 millions de dollars pour les pays les plus touchés par la crise alimentaire. Elle sollicite l'aide des 191 pays membres pour rassembler 1,7 milliard de dollars nécessaires aux programmes d'urgence. Soit l'équivalent de quatre A-380, souligne La Dépêche du Midi.
«Pas insurmontable donc si la volonté politique est au rendez-vous» selon le quotidien régional. La Banque Mondiale voit aussi à long terme. «Il s'agit aussi de s'assurer que les générations futures n'en paient pas elles aussi le prix», a déclaré Bob Zoellick. Le comité de développement de l'institution a approuvé le principe d'un "new deal pour une politique alimentaire globale", écrit le Nouvel Observateur. L'objectif: accroître la productivité agricole dans les pays pauvres (distribution d'engrais et de semences), et améliorer l'accès à la nourriture dans les écoles et sur les lieux de travail. Et éviter ainsi que les gouvernements des pays pauvres soient poussés par les populations à adopter des mesures d'urgence (suspension des droits de douane, réduction de la TVA) qui pèsent sur leur budget. Deux rendez-vous sont prévus dans ce cadre, en juin: la conférence de Rome, qui rassemblera chefs d'Etat de gouvernement, et le G8 finances qui se déroulera au Japon. Quant à l'idée du recours aux biocarburants, elle est de plus en plus marginalisée. L'Humanité révèle qu'au récent sommet Inde-Afrique de New Delhi, les dirigeants des pays représentés ont appelé les occidentaux à remettre en cause l'utilisation des carburants agricoles. Gordon Brown a d'ailleurs récemment demandé d'inscrire ce thème au prochain G8. Michel Barnier, ministre français de l'agriculture, compte sur la même ligne, discuter d'une réorientation des productions agricoles européennes en priorité sur l'alimentation.

  Malgré ces annonces, Jacques Diouf reste pessimiste: «Je ne vois pas de raisons objectives à des diminutions de prix. Le niveau des stocks des céréales est à son niveau le plus bas depuis 25 ans et il devrait encore baisser de 5 % cette année
». Même son de cloche pour le FIDA (Fonds international pour le développement agricole), qui envisage aussi une poursuite de cette hausse mondiale des prix. Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, estime qu'on va «vers une très longue période d'émeutes». Moins pessimistes, la FAO, qui compte sur de meilleures moissons pour enrayer la flambée des prix, avoue tout de même que les prix devraient longtemps rester élevés. Ce que craint avant tout les organismes internationaux, c'est la contagion. Ces émeutes «pourraient s'étendre bientôt à l'Asie», selon Jacques Diouf. Courrier International nous relaye ainsi un article de la Nezavissimaïa Gazeta. Selon le journal moscovite, l'inflation des produits alimentaires peut provoquer des tensions sociales en Asie Centrale. Au Kazakhstan, cette inflation atteint 15 à 16%. «La fédération des syndicats du Kazakhstan a décidé de mener une action de protestation centralisée pour exiger l'indexation des salaires». Le gouvernement compte interdire ou limiter les exportations de blé et de farine en instaurant des taxes. Au Kirghizistan, où l'inflation est plus forte, le pouvoir accuse l'opposition d'avoir fait descendre les gens dans la rue au lieu de labourer et de semer, en avril et en octobre. La NG ajoute que même les pays exportateurs d'hydrocarbures, comme l'Ouzbékistan et le Turkménistan connaissent une situation d'inflation. Le "journal indépendant" écrit que «la crise alimentaire actuelle est dangereuse car elle accroît le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, ce qui promet des explosions sociales». Mais l'Europe n'est pas en reste. Ainsi, Tamara Kummer rappelle que «la flambée des prix concerne autant un Européen qu'un Africain». Les grèves se multiplient, note La Voix du Nord. En Croatie, par exemple, les revenus d'un ouvrier croates équivaut à 26% de la moyenne européenne, tandis que les prix représentent 70% de ceux des 27.

Sources: Courrier International, L'Express, L'Humanité, La Croix, La Dépêche du Midi, La Voix du Nord, Le Nouvel Observateur, Le Point, Le Progrès, Libération
Mercredi 09 Avril 2008
La centrale nucléaire de Byron (Illinois)  (AFP)

Cela faisait trente ans que les Etats-Unis n'avaient plus transformé un projet de construction de centrales nucléaires en "commande ferme", écrit La Tribune. Le Figaro précise que la dernière commande de réacteurs remonte à 1977 et le projet de Seebrook (New Hampshire, NDLR), concrétisé en 1990. Le même journal précise que le programme de construction de centrales avait été abandonné après l'accident de Three Mile Island, considéré comme unes des plus grandes catastrophes du nucléaire civil. Depuis, seules de grosses pièces forgées indispensables avait été commandées, mais pas de réacteur complet. Les Echos nous informe que depuis l'accident de 1979, l'accroissement de la demande d'électricité, de 2% par an, a été compensé par l'activité des centrales au gaz. Aujourd'hui, la moitié de l'énergie utilisée aux Etats-Unis provient du charbon, tandis que le nucléaire ne représente que 20%. Mais le quotidien d'information économique précise que les centrales au charbon, polluantes et émettant beaucoup de gaz carbonique, sont peu à peu rejetées par le pays, qui "se découvre depuis peu une fibre environnementaliste".

C'est donc Westinghouse Electric, filiale du groupe japonais Toshiba, qui a décroché le contrat. La Tribune nous rappelle que Westinghouse Electric est le groupe pionnier du nucléaire civil américain: c'était en 1957 que le groupe a livré le premier réacteur. Ce sont deux réacteurs de 1.100 mégawatts de type AP1000 qui devraient être construits sur le site de Vogtle, près d'Augusta (Géorgie). Sur ce site, déjà deux réacteurs opérés par un consortium mené par l'électricien Georgie Power fonctionnent. Le PDG de Westinghouse, Steve Tricht, a exprimé son entière satisfaction, précisant que:
«l'énergie nucléaire est maintenant reconnue comme une source d'énergie propre, sûre et économiquement concurrentielle qui contribue à assurer l'indépendance énergétique des Etats-Unis». Le projet doit tout de même passer une série d'étapes administratives, dont l'étude du contrat le 1er mai par la commission des services publics de l'Etat de Georgie, qui devra certifier les deux réacteurs. Actionnaire à 20% de Westinghouse, le groupe Shaw projette l'entrée en service de la première tranche pour 2016, et de la seconde tranche pour l'année suivante.

Le Figaro affirme que la signature de ce contrat est un "atout psychologique important" dans la course que se livrent Westinghouse et le groupe français Areva, pour la conquête du marché américain. Une trentaine de projets sont actuellement programmés, ajoute le quotidien national. Les Echos ajoute que Westinghouse a par ailleurs signé en juillet 2007 avec son partenaire et actionnaire Shaw, un contrat pour construire quatre réacteurs AP1000 en Chine.

Source: La Tribune, Le Figaro, Les Echos
Lundi 24 Mars 2008

                                                                                         Reuters

    Peter Brabeck, futur ex-PDG du premier groupe alimentaire mondial, affirme que «si l'on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n'y aura plus rien à manger». Le Figaro va même jusqu'à titrer «Nestlé prédit la famine». Selon Brabeck, les millions de tonnes de maïs consacrées aux biocarburants sont autant en moins pour le secteur alimentaire. Cette position s'inscrit dans une rafale d'études scientifiques dubitative, écrit L'Express, relatant que ces recherches alertent sur les risques de déforestation aggravant la pollution, de bouleversement des écosystèmes, de déplacement de populations dans les pays pauvres et, plus consensuellement, de hausse des prix alimentaires mondiaux. Benjamin Louvet, gérant du fonds Prim'Univert, interviewé récemment sur lefigaro.fr, avait apporté son explication: «La demande de maïs destiné à la production d'éthanol a augmenté d'un tiers cette année. Le prix de cette céréale a donc bondi. Les producteurs ont alors choisi de semer davantage de maïs, au détriment du blé. Plus rare, celui-ci est devenu plus cher. Les surfaces cultivées en blé ont donc été accrues, au détriment du soja, dont les cours se sont tendus à leur tour». D'où des niveaux records jamais atteints depuis trente ans. Ce dernier affirme par ailleurs que l'eau pourrait se raréfier à cause de l'intensification de la production agricole pour répondre à la double demande grandissante de l'alimentation humaine et des biocarburants. Peter Brabeck estime ainsi que pour produire un litre de bioéthanol, il faut 4000 litres d'eau.

    L'Express
et Le Figaro soulignent de surcroît que l'ONU, via la voix de la directrice du Programme Alimentaire Mondial (PAM), Josette Sheeran, était monté au créneau il y a une dizaine de jours, estimant que «le changement d'orientation de nombreux exploitants en faveur de la production des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire», et que «les prix alimentaires atteignent un tel niveau que celui de l'huile de palme en Afrique est désormais au niveau des prix du carburant». Une mise en garde addressée... au Parlement Européen. L'Express rappelle en effet que les biocarburants sont une composante majeure de l'appareil projeté par l'UE pour combattre le réchauffement climatique. L'Union avait notamment prit la décision de réserver 10% de sa consommation totale de carburants pour les combustibles agricoles d'ici 2020. Cependant, Bruxelles fixe des limites dans son projet: les matières premières des biocarburants ne devront pas provenir de forêts vierges ou de zones naturelles protégées, tandis que les biocarburants les plus polluants devront être écartés. Début avril, le groupe de travail européen chargé de définir ces "critères durables" rendra son rapport. Mais l'UE n'est pas le seul visé: la TSR rappelle que les Etats Unis ont consacré cette année 138 millions de tonnes de maïs à la production de biocarburants. Dans l'hebdomadaire suisse NZZ am Sonntag, Peter Brabeck, le PDG de Nestlé, déclare qu'«accorder d'énormes subventions pour les produire est inacceptable moralement et irresponsable». Un «non-sens politique» écrit TSR.

    Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l'agriculture, quant à elle, s'explique: «Nous devons diversifier nos sources de carburants», car «les pénuries restent un danger réel». Elle soutient par ailleurs que la demande alimentaire croissante des pays émergents comme la Chine et l'Inde, et les mauvaises récoltes liées à la météo en Europe et en Australie sont autant de causes qui expliqueraient la hausse des prix alimentaires, avant de conclure: «N'utilisons pas les biocarburants comme des boucs émissaires expliquant les mouvements de prix des denrées alimentaires»

Sources: L'express, Le Nouvel Observateur, Le Figaro, Le Point, Ouest France, TSR
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