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Environnews

Etudiant en licence d'aménagement, d'environnement et d'urbanisme à l'université des Sciences et Technologies de Lille (Lille-I), je vous propose des revues de presse sur des thèmes touchant au développement durable. Bonne lecture!

Lundi 24 Septembre 2007

Vingt ans après la signature du protocole de Montréal, un nouvel accord a été trouvé entre plus de deux cents pays pour accélérer le retrait des HCFC. Les HCFC, ou hydrofluorochlorocarbones pour les intimes, sont des gaz utilisés comment agents réfrigérateurs et comme agents propulseurs dans les aérosols. Or, les HCFC sont de lourds gaz à effet de serre, à l'image de leurs cousins, les chlorofluorocarbones (CFC), déjà interdits par le présent protocole. D'après de récentes études, les HCFC auraient ainsi un potentiel de réchauffement des centaines de fois plus élevé que le CO2. De même, les HCFC, en libérant du chlore dans l'atmosphère, contribuent - certes modestement - à la destruction de la couche d'ozone.

Les signataires du protocole de Montréal s'étaient déjà fixés des objectifs de réduction des HCFC. En 1987, les parties se sont mises d'accord sur un gel de la consommation à partir de 1996 et sur un gel de la production pour 2004 (par rapport au niveau de 1989). Ensuite, l'accord de Copenhague (1992) aboutit à une élimination totale prévue en 2030 pour les pays développés et en 2040 pour les pays en voie de développement. Malgré cela, la production et la consommation de HCFC n'ont pas cessé d'augmenter depuis 1987. A tel point que l'UNEP, le programme des Nations Unies pour le développement, estime que sans de nouvelles mesures, les HCFC seraient multipliées par deux d'ici 2015.

Le nouvel accord fixe désormais à 2013 le gel de la production des HCFC, par rapport au niveau de 2009/2010. En revanche, leur élimination totale a été avancée de dix ans, soit 2020 pour les pays développés, et 2030 pour les pays en voie de développement. Des objectifs de réduction, sortes d'étapes, ont aussi été établis. Pour les pays développés est prévue une réduction de la consommation d'HCFC de 75% en 2010 et de 90% en 2015. Pour les pays en voie de développement, cette diminution doit s'élever à 10% d'ici 2015, et 67,5% d'ici 2025.

Deux questions se posent alors: ces objectifs sont-ils réalistes? Seront-ils efficaces? L'élimination des HCFC induit son remplacement par un autre procédé pour les systèmes réfrigérants, notamment. Les industriels du secteur se tournent vers le R410 et le R407C, des gaz sans atteinte sur la couche d'ozone et utilisés pour des applications de "froid positif" (supérieur à 0°C). Concernant les aérosols, le secteur propose désormais des produits "sans CFC ni HCFC" et "qui ne détruisent pas l'ozone". Les hydrofluorocarbones (HFC 134a, 152a), isobutanes, propanes, et autres diméthyl ether remplacent désormais CFC et HCFC. Bien que ne portant pas atteinte à la couche d'ozone, ces produits peuvent cependant participer au réchauffement planétaire.

Autant dire que les pays développés sont les mieux préparés au remplacement du HCFC. Le transfert de technologie vers les pays en voie de développement risque d'être relativement lent. C'est en partie là-bas que la consommation des HCFC s'est accrue au cours de ces vingt dernières années.

De manière générale, le protocole de Montréal a rempli en vingt ans ses buts initiaux. En plus d'endiguer lentement la destruction de la couche d'ozone, il a aussi permis d'éviter le rejet dans l'atmosphère de huit milliards de tonnes de CO2 par an, de 1990 à 2010. Soit des résultats largement plus enthousiasmants que le protocole de Kyoto, qui devrait permettre de ne réduire l'émission de CO2 "que" de deux milliards de tonnes par an, d'après les calculs de Guus Velders, chercheur à l'Agence hollandaise pour l'environnement. En ce qui concerne les HCFC, les effets sur le réchauffement climatique sont plus dramatiques que leurs conséquences sur la destruction de la couche d'ozone. Leur suppression s'incrit donc plus dans l'optique de réduction de l'émission des gaz à effet de serre que de celle de la guérison de la couche d'ozone, l'objectif premier du protocole de Montréal.

publié par Hemlec dans: Ca chauffe!
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