Lundi 21 Juillet 2008
Le "Nid", caché derrière le "Grayjing", le smog de Pékin

     A trois semaines de l'ouverture des Jeux Olympiques, Pékin lance un plan de lutte contre la pollution, l'un des principaux points noirs de l'organisation des Jeux, écrit Le Nouvel Observateur.
Le plan, qui court jusqu'au 20 septembre, instaure notamment dans la capitale des règles de circulation alternée des voitures, en fonction des plaques minéralogiques. L'objectif est de réduire à 45% le nombre de voitures en circulation à Pékin, et d'obtenir une diminution de 63% de leurs émissions.  "Circulez moins, c'est apporter sa contribution au Jeux Olympiques", dit le nouveau slogan. Déjà, depuis le 1er juillet, 300.000 véhicules très polluants - surtout des gros camions - ont été interdits dans la capitale chinoise. Le Nouvel Observateur rappelle que Pékin est en train de devenir l'une des villes les plus embouteillées du monde, avec 1.000 véhicules supplémentaires circulant chaque jour. Ce qui fait dire à Arnaud de La Grange, du Figaro, qu'une voiture sur deux, c'est encore beaucoup.

     Si la circulation automobile est réduite de moitié, les habitants bénéficieront en compensation de trois nouvelles lignes de métro de dernière génération, qui ont été présentées samedi. Une ligne de 27 kilomètres relie l'aéroport à la capitale. Une deuxième longue de 25 km établit la jonction entre le sud-est et le nord-ouest de la ville, tandis que la dernière, longue de cinq kilomètres, dessert les principales installations olympiques, comme le stade national et le centre aquatique. Les autorités ambitionnent d'augmenter la fréquentation du réseau, désormais long de 200 km, de quatre millions de voyageurs par jour, pour s'établir à 20 millions. En outre, La Voix du Nord ajoute que 265 km de voies de circulation "spéciales JO" vont être mises en place, ce qui permettra aux véhicules officiels d'accéder aux hôtels, aux infrastructures sportives et au village olympique. D'autres villes organisatrices l'ont déjà fait dans le passé, précise le quotidien. L'objectif du plan est également de rendre les rues plus propres. Ainsi, ces dernières années, Arnaud de La Grange (Le Figaro) précise que la municipalité a multiplié les espaces verts. De plus, Le Nouvel Observateur indique que des centaines de "volontaires sociaux" seront déployés entre la Cité interdite et la Place Tienanmen, en appui aux forces de l'ordre, pour lutter contre les 'comportements indésirables', comme cracher ou jeter des ordures par terre. Les autorités pourront s'appuyer sur un réseau de surveillance doté de 10.000 appareils "intelligents", des caméras ou des cellules ultrasons et microondes.

     Des mesures seront également prises concernant le rythme de travail des pékinois. Ainsi, dès maintenant, les fonctionnaires débuteront une heure plus tôt leur journée de travail pour terminer une heure plus tôt. Le tout pour réduire les risques d'embouteillage. Mais ce sont surtout les activités les plus polluantes qui sont visées par le plan. Ainsi, une grande part des 150 cimenteries, les chantiers de construction et des dizaines d'usines des régions environnantes devront cesser leur activité durant deux mois. Celles qui ne fermeront pas devront réduire leurs émissions de 30%. Les usines ne fonctionneront pas non plus à Tianjin, où se dérouleront une partie du tournoi de football, et à Tangshan, un centre d'industries lourdes, qui compte 300 usines au nord-est de Pékin. Le Nouvel Observateur écrit que la capitale chinoise, en lutte contre son smog, le "Grayjing", a dépensé près de 120 milliards de yuans, soit 11,2 milliards d'euros. Arnaud de La Grange (Le Figaro) note que les autorités affichent déjà leur satisfaction, estimant que Pékin bénéficie désormais de 70% de "ciels bleus", soit des jours où le degré de pollution est acceptable. Mais un tel optimisme n'est pas partagé par Veerabhadran Ramanathan, spécialiste de l'atmosphère à l'Institut d'océanographie Scripps, en Californie. Cité par La Voix du Nord, il prévient que le vent pourrait ramener la pollution vers Pékin malgré la fermeture de toutes ces usines. En outre, il se demande si «réduire les émissions locales sera suffisant pour aider les athlètes à respirer un air pur». Le mois d'août est, selon lui, le «pire» pour les sportifs, car les vents y sont d'habitude faibles. D'ailleurs, le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, s'il estime «qu'il n'y a pas de problèmes pour les sports en salle et pour les épreuves de moins d'une heure», prévient que «des risques potentiels pour un certain nombre de sportifs engagés dans des épreuves qui durent plus d'une heure en continu», comme le marathon, existent. Ces épreuves pourraient, dans ce cas, être reportées.

Sources: La Voix du Nord, Le Figaro, Le Nouvel Observateur
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