Les premiers bungalows dans les rues devastées d'HautmontLe Parisien - Gael Cornier
Quinze jours après la mini-tornade qui a tué trois personnes (bilan définitif) à Hautmont et dans des communes voisines, douze mobile homes ont été installés dans la zone la plus touchée, au pied de la Cité Exotique, précise Le Parisien. Ce sont dans des rues toujours marquées par le désastre que le convoi exceptionnel a transporté les premiers bungalows destinés aux nombreuses personnes dont la maison reste inhabitable. Le ministère du logement a débloqué une somme de trois millions d'euros et a choisi la société SNI (Société nationale immobilière) pour fournir des logements provisoires varient de 35 à 39 m², qui accueillent chacun de deux à trois chambres et de quatre à cinq lits, précise François Marmouyet, de La Croix. Christophe Botteldorn, de la SNI, précise: «ces personnes auront la possibilité d'être logées pendant dix-huit mois, mais ce délai pourra s'étirer le temps nécessaire à la reconstruction de leurs maisons». Il faut attendre encore trois jours que les bungalows soient raccordés aux réseaux d'assainissement, d'électricité et de téléphone. La Voix du Nord ajoute que les relogés bénéficieront d'un accompagnement. Robert Laffarque, présent à Toulouse après le drame d'AZF en 2001 et dans le Gard après les inondations de 2002 explique en effet que «même s'ils sont équipés pour les quatre saisons, (les mobile homes) ont par exemple besoin d'être sans arrêt chauffés quand il fait froid, il y a peu d'isolation. Le montant des factures peut surprendre lorsque les gens sont habitués à se chauffer au gaz». D'après la mairie d'Hautmont, «sur les 180 familles qui se sont retrouvées sans toit, une trentaine n'ont pas encore été relogées et sont hébergées par des proches». La Voix du Nord estime qu'une dizaine de bungalows arriveront chaque semaine jusqu'à début septembre. Après, c'est la mairie qui se chargera de mettre à disposition des logements sociaux.
«C'est petit, mais c'est déjà bien de se retrouver tous les quatre. Nous en avions assez d'être logés par des proches», expliquent Franck et Jenny Simon, parents de deux enfants de 7 et 10 ans, dans La Croix. Les Lenclud aussi sont heureux: «on a un toit sur la tête, enfin». «Nous sommes soulagés de pouvoir enfin nous poser et nous retrouver tous ensemble », estime le père. Et l'une de ses trois filles d'ajouter: «quand je rentrerai de l'école le soir, il n'y aura plus que moi et ma famille». La Voix du Nord souligne toutefois que le traumatisme est encore là chez les Lenclud: «dès qu'il y a un peu de vent, les filles tremblent». Andrée Fouquet, dont la maison n'est plus qu'un tas de ruines, est également soulagée: «jusqu'à présent, nous étions en quelque sorte SDF. Une cousine nous logeait dans le centre d'Hautmont, mais maintenant, on va enfin retrouver un chez-soi», avant d'ajouter: «c'est bien que les bungalows soient installés près de chez nous. Comme ça, on ne perd pas nos repères». Mme Fouquet, retraitée, le bras en écharpe, ne pense même pas à quitter le quartier: «la rue du Vélodrome, c'était une rue familiale, tout le monde se connaissait, mes oncles et tantes y habitaient eux aussi. Nous pourrons maintenant vivre près de notre ancien terrain et reconstruire notre maison, à l'identique». Elle n'est pas seule dans ce cas. François Marmouyet note en effet que beaucoup de sinistrés ont refusé d'être relogés dans les villes environnantes. «Nous avons perdu tous nos souvenirs avec notre maison. Cela faisait soixante ans que nous habitions rue du Vélodrome», déclarent ainsi Jacqueline et Fernand Roland à Flora Zanichelli, journaliste au Parisien. En attendant, la situation reste très délicate pour les sinistrés. Monique, qui loge avec son père de 87 ans, raconte: «pour manger, nous utilisons un petit réchaud avec une bouteille de gaz». « On nous dit que c'est du provisoire. Mais pour combien de temps» se demande son père. Car l'avenir parait inquiétant pour nombre d'entre les victimes de la tornade. Ainsi, Mohamed Lahami s'interroge: «que va-t-il se passer maintenant ? Notre vie est entre les mains des assurances».
Sources: La Croix, La Voix du Nord, Le Parisien
publié par Hemlec dans: Catastrophes!




